Différend Gabon – Guinée Equatoriale : la Cour Constitutionnelle appelle les médias à la « rigueur » dans le traitement de l’information

Un contentieux frontalier où chaque mot peut peser diplomatiquement. Dans une crise frontalière, l’information devient une arme. Et une responsabilité. Réunis au Palais de la Constitution, les responsables des rédactions de L’Union, de l’AGP, de Gabon 1ère et de Gabon 24 ont reçu un message clair de la plus haute instance juridique du pays : couvrir le différend avec le Gabon et la Guinée équatoriale avec faits vérifiés et sources officielles.
La rencontre s’est tenue en présence des membres de la Haute Autorité de la Communication. C’est Dieudonné Aba’a Owono, Président de la Cour constitutionnelle, qui a porté la sensibilisation. En tant que président la Commission nationale chargée du suivi du dossier il a tenu à rappeler que dans un contentieux international, un titre, une déclaration, une imprécision peuvent avoir un impact diplomatique immédiat.
L’objectif des autorités : éviter la surenchère, les malentendus et préserver l’espace de négociation entre Libreville et Malabo. Au cœur des échanges, l’Accord d’engagement conjoint signé le 28 juillet à Addis-Abeba sous l’égide de l’Union africaine.
La Cour a tenu à lever toute ambiguïté. Ce texte n’est pas l’application de l’arrêt de la Cour internationale de Justice du 19 mai 2025. Il ouvre une phase de concertation sur les modalités de mise en œuvre de cet arrêt. Une nuance juridique majeure. La confondre, c’est risquer de créer de fausses attentes ou de fausses tensions.
Dans cette séquence sensible, Libreville fait un choix : faire de la communication un levier d’accompagnement du processus diplomatique, pas un facteur de blocage. Pour la Cour constitutionnelle, une information rigoureuse, factuelle et contextualisée est un facteur clé pour 2 raisons : préserver la crédibilité du Gabon sur la scène internationale, favoriser une issue négociée avec la Guinée équatoriale.
Le message aux médias est donc assumé : informer oui, mais en mesurant le poids de chaque mot. Dans ce dossier, la vérité judiciaire et la paix diplomatique passent aussi par la discipline médiatique.



