Dr Raïssa Inès Okouyi Ndong Assapi : « La lutte contre le VIH passe aussi par la formation, l’innovation et la mobilisation communautaire »

Port-Gentil. La lutte contre le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles (IST) ne peut produire des résultats durables sans un personnel de santé compétent, des communautés sensibilisées et des structures sanitaires modernisées. C’est ce message fort qui s’est dégagé de la campagne organisée au Centre Hospitalier Régional de Tchengué, dans le cadre des activités du Programme national de lutte contre les infections sexuellement transmissibles.
Placée sous la conduite du Dr Raïssa Inès Okouyi Ndong Assapi, cette initiative a réuni le personnel de santé, les chefs de quartier ainsi que le Secrétaire général de la province de l’Ogooué-Maritime autour d’une même ambition : renforcer la prévention, améliorer la prise en charge des personnes vivant avec le VIH et les IST et rapprocher davantage les services de santé des populations.
Au-delà de la sensibilisation sur le VIH, l’activité a été marquée par une importante session de renforcement des capacités destinée aux professionnels de santé. Les échanges ont porté sur l’amélioration de l’accueil des patients, le respect de la confidentialité, la lutte contre la stigmatisation et l’application des bonnes pratiques dans la prise en charge des personnes vivant avec une infection sexuellement transmissible.
La remise d’équipements numériques de dernière génération constitue également un tournant dans la modernisation des services. Ces outils devraient contribuer à une meilleure gestion des données sanitaires, au suivi des patients et à une prise de décision plus rapide, des éléments devenus indispensables dans la réponse aux défis de santé publique.
Cette démarche illustre une évolution des stratégies de lutte contre le VIH. Aujourd’hui, il ne suffit plus de multiplier les campagnes de sensibilisation. Les experts s’accordent sur la nécessité d’investir simultanément dans la formation continue des professionnels, l’innovation technologique et la participation active des communautés. La présence des autorités administratives et des chefs de quartier traduit cette volonté de faire de la prévention une responsabilité collective plutôt qu’une mission exclusivement médicale.
Cependant, les défis restent importants. Malgré les progrès réalisés, le VIH demeure confronté à des obstacles persistants : dépistage encore insuffisant, stigmatisation des personnes vivant avec le VIH, difficultés d’accès aux services dans certaines localités et nécessité d’un accompagnement psychosocial renforcé. Les équipements et les formations ne produiront leurs effets que s’ils s’inscrivent dans une stratégie durable, accompagnée d’un suivi régulier et de ressources suffisantes.
À travers cette initiative, le Dr Raïssa Inès Okouyi Ndong Assapi réaffirme qu’une réponse efficace au VIH repose sur trois piliers indissociables : la compétence des professionnels de santé, l’innovation au service des soins et l’engagement des communautés. Une vision qui rappelle qu’au-delà des chiffres et des statistiques, la lutte contre le VIH est avant tout un combat pour la dignité, l’inclusion et le droit à une prise en charge de qualité pour chaque citoyen.



