AGASA : le coup de semonce du DGA met à nu une gestion financière « catastrophique »

Il a fallu une note d’information de trois paragraphes pour révéler l’ampleur du malaise. Signée le 30 juin 2026 par le Commandant Guy Oscar Mapangou, Directeur Général Adjoint de l’AGASA, cette instruction adressée aux Délégués Provinciaux agit comme un aveu : la gestion des recettes de l’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire a dangereusement dérapé.
La note qui en dit long : quand il faut rappeler l’évidence
L’objet est limpide : « restitution des carnets d’ordres d’encaissement épuisés et rappel des documents de paiement autorisés ». Traduction : les délégations provinciales ne rendent pas les souches des carnets utilisés, et certains encaissements se feraient hors cadre légal.
Mesures d’urgence imposées par le DGA :
Immédiatement, le directeur général de l’AGASA a ordonné la restitution, dans un délai impératif d’une semaine, l’ensemble des carnets d’ordres d’encaissement entièrement utilisés. La remise de nouveaux carnets est désormais conditionnée à la restitution des carnets épuisés. À défaut, aucune nouvelle dotation ne sera accordée.
Rappel à la loi : « les ordres d’encaissement et les ordres de recette sont les seuls documents comptables autorisés ». L’usage de tout autre document est « strictement interdit », tempête Oscar Mapangou.
Les symptômes d’une gestion catastrophique
Si le DGA doit rappeler par écrit que seuls les ordres d’encaissement officiels font foi, c’est que la pratique contraire existait. Si la restitution des carnets épuisés devient « conditionnée », c’est que des délégations fonctionnaient sans rendre de comptes. La correspondance du DGA pointe une opacité sur les recettes, des carnets utilisés non restitués, des recettes perçues impossibles à tracer. Porte ouverte aux « caisses noires » provinciales. L’interdiction de « tout autre document » suggère l’usage de reçus artisanaux, bons manuscrits ou quittances non sécurisées. Autant de failles pour des détournements.
Chaîne de contrôle brisée : L’AGASA est chargée du contrôle sanitaire et alimentaire. Comment une agence de régulation peut-elle être crédible si sa propre comptabilité échappe au contrôle ? La note du DGA n’invente pas une procédure. Elle tente de rétablir des règles élémentaires de comptabilité publique. Qu’il faille les rappeler en 2026, avec menaces de sanctions, signe une « gestion catastrophique » des flux financiers en provinces.
L’urgence de siffler la fin de la récréation
Face à ces « graves dérives de gestion financière », l’initiative du Commandant Mapangou est double : « Dans le cadre du renforcement des procédures de contrôle et de gestion des documents comptables » : la formule est polie. La réalité est plus brutale. Il s’agit de colmater une hémorragie. Exiger les souches sous une semaine, bloquer les nouvelles dotations, c’est couper l’oxygène aux circuits opaques. Sans carnets officiels, pas d’encaissement parallèle possible.
Un acte d’autorité hiérarchique
« Tout retard injustifié […] sera assimilé à un refus d’exécuter les instructions de la hiérarchie ». Le DGA sort le bâton disciplinaire. C’est le signal que le laxisme a trop duré. Dans une agence qui perçoit des redevances auprès des opérateurs économiques, la tolérance zéro sur les pièces comptables est la base.
La note du 30 juin est donc un minimum vital. Elle dit aux délégués : « La récréation est finie ». Elle dit aux opérateurs : « Exigez vos ordres de recette officiels » En clair, ce communiqué ne crée pas le problème. Il le révèle au grand jour. Le courage du DGA est de nommer la faille et d’y répondre par une instruction « obligatoire »et datée.
Car, une agence de sécurité alimentaire qui ne sécurise pas ses propres encaissements est une contradiction dangereuse. La note du Commandant MAPANGOU a le mérite de poser le bon diagnostic. Aux responsables de l’AGASA de prouver maintenant que le traitement sera à la hauteur du mal.



