Economie

Oligui Nguema à propos d’Eramet : « nous ne chassons personne, ce que nous voulons c’est que ce manganèse soit transformé, nous ne voulons plus nous contenter des dividendes… »

Le ton est ferme. Il n’y a pas chez cet homme la moindre once d’hésitation ou d’incertitude quant à la décision qu’il a prise d’imposer, d’ici 2029, la transformation du manganèse au sein de son pays. Lors d’une rencontre en marge de la 13e édition de l’Afrique CEO Forum, qui se tient du 14 au 15 mai au Rwanda, le président gabonais ne fait pas dans la langue de bois en abordant la question de la transformation du manganèse au Gabon.

La multinationale française, Eramet, qui a pour filiale la Comilog, est sommée de mettre tout en œuvre afin de matérialiser de transformation du minerai d’ici 2029. Brice Clotaire Oligui rappelle que depuis 1960, l’entreprise française exploite cette ressource et se contente de reverser à l’Etat gabonais des dividendes. Aucune politique de transformation locale n’est envisagée. Aucune vision d’industrialisation n’est proposée.

« Eramet extrait, exporte, vend et en fin d’année elle  vous emmène un chèque », peste  le président de la République. Cependant, s’indigne le Chef de l’Etat gabonais, personne ne sait réellement ce qui a été vendu comme manganèse. Une politique de rente désormais inacceptable. « Je ne chasse personne mais au Gabon nous avons changé de paradigme. Nous partons vers la transformation et pour nous, c’est sans recul. Nous avons donné à cette société une daleline, s’il elle n’arrive pas  à transformer d’ici 2029, il d’autres ( sociétés) qui peuvent venir le faire… » argumente l’ex Commandant en chef de la Garde Républicaine.

Un message sans ambiguïté qui depuis a fait bouger les lignes. En marge du même sommet, le Chef de l’Etat gabonais a rencontré, le lundi 11 mai dernier, Christel Bories, la présidente directrice générale du groupe Eramet.  Un accord entre l’Etat gabonais et la multinationale française a été scellé pour l’augmentation du capital de 500 millions d’euros.  En devenant actionnaire d’Eramet, en plus de sa filiale Comilog, le Gabon souhaiterait influer sur les orientations stratégiques du groupe et ses choix d’investissement.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page