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National Foot : entre spectacle, business et petits tacles, chronique d’un championnat qui joue aussi en dehors du terrain

À la LINAFP, il n’y a pas que le ballon qui circule. Il y a aussi les brochettes, les billets, les promesses… et parfois même les excuses. Bienvenue au National Foot version gabonaise : un championnat où le match commence bien avant le coup d’envoi et se termine longtemps après le coup de sifflet final.

Avant-match : le vrai coup d’envoi est dans la rue

Au stade de Sibang comme ailleurs, le spectacle débute hors des pelouses. Les commerçants installent leurs quartiers généraux avec une précision tactique digne d’un 4-3-3 bien huilé. Ici, une glacière pleine, là des grillades fumantes : le public vient pour le football, mais reste aussi pour l’ambiance.

Un vendeur résume la situation avec lucidité : « Le National Foot, c’est notre Ligue des champions à nous… sauf que nous, on gagne à chaque match. » Dans les travées, les supporters répètent leurs chorégraphies. Tambours, chants, danses : chaque club transporte son folklore comme un douzième homme. On ne vient pas seulement voir un match, on vient défendre une identité.

Sur le terrain du football parfois express, lors de la rencontre entre A.O CMS et Vautour, les spectateurs n’ont pas eu le temps de s’asseoir que le score affichait déjà 2-0. A.O CMS a frappé vite, très vite presque trop vite pour certains retardataires encore coincés à la buvette.

Analyse d’un journaliste spécialisé : « Ce type de début de match est typique des championnats où l’échauffement est parfois plus long que la concentration. Mais il faut reconnaître une chose : A.O CMS a su exploiter chaque seconde, là où Vautour cherchait encore ses repères… et peut-être ses crampons. » Malgré quelques tentatives de réaction, le score n’évoluera plus. Vautour repart frustré, A.O CMS savoure, et le public… lui, a déjà basculé sur autre chose.

Les tribunes : un autre championnat en parallèle

Car le vrai match, selon certains, se joue dans les gradins. On y croise des figures emblématiques comme Jean Boniface Assélé, observateur attentif, presque sélectionneur officieux des talents de demain. Des artistes aussi, à l’image de Assifo, venus rappeler que le football est aussi une scène culturelle. Ici, un chant démarre, là une danse s’improvise : le stade devient une salle de spectacle à ciel ouvert. Et puis, il y a les officiels. Le président de la Ligue, Brice Mbika Ndjambou, et le ministre des Sports, Ulrich Paul Kessany, affichent leur présence. Une présence importante, même si certains supporters murmurent avec humour. « On les voit plus souvent au coup d’envoi qu’au moment de régler les problèmes du championnat… »

Analyse, un produit à fort potentiel… mais encore en chantier. Le National Foot est aujourd’hui bien plus qu’un simple championnat. C’est un produit hybride : sportif, culturel, économique. Une sorte de “foire du football” où tout le monde trouve son compte sauf parfois… la régularité de la compétition. Car oui, entre deux matchs réussis, les interruptions et dysfonctionnements viennent rappeler que l’organisation reste perfectible. Le journaliste spécialisé tranche avec ironie « le National Foot, c’est un peu comme un match sans arbitre vidéo : il y a du spectacle, de la passion, mais aussi des décisions qui laissent perplexe. La différence, c’est qu’ici, ce n’est pas la VAR qui manque… ce sont parfois les moyens. »

Après-match : victoire sur tous les fronts

Si Vautour repart avec des regrets et A.O CMS avec les trois points, les grands gagnants restent souvent les commerçants. Malgré la pluie, les recettes tombent, les sourires aussi. Autour du stade, l’ambiance persiste. Les discussions refont le match, les enfants rejouent les actions, et les vendeurs comptent leurs gains. Un championnat à polir, mais déjà incontournable.

Le National Foot version LINAFP n’est pas parfait. Il est parfois désorganisé, souvent imprévisible… mais indéniablement vivant. Et c’est peut-être là sa plus grande force. Car dans ce mélange de football, de culture, de business et d’improvisation, le Gabon tient un spectacle unique. Un spectacle qui, avec un peu plus de rigueur et beaucoup moins d’interruptions, pourrait bien devenir une référence. En attendant, au National Foot, une chose est sûre même quand le match est terminé… le show continue.

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