« La Compagnie », le réseau russe chargé d’étendre l’influence de Moscou sur trois continents

« La Compagnie » qu’est-ce que c’est ? Dans quel but cette organisation a-t-elle été mise en place par la Russie ? Une récente enquête du média en ligne Forbidden Storie dévoile qu’il s’agit d’un réseau d’experts chargé d’organiser et de mener des campagnes de désinformation au profit du pays que dirige Vladimir Poutine. D’après les révélations du média, cette entité dotée d’importants moyens financiers serait pilotée par le service des renseignements extérieurs russe « SVR ».
Dans la pratique, les opérations de « La Compagnie » s’étendent du Mali à la Bolivie, en passant par l’Afrique du Sud. L’organisation poursuit pour but de façonner l’opinion publique et de consolider les intérêts de Moscou à l’étranger.
Forbidden Storie dévoile, en outre, que La « Compagnie » a travaillé « à l’éviction des États-Unis et de la France du continent Africain ». En Bolivie, la « Compagnie » a essayé de détourner l’attention de la population après que le régime ami au pouvoir a été accusé d’avoir organisé un faux coup d’État. Au Sénégal, les agents russes ont planché sur « un scénario de prise de pouvoir par les militaires » autrement dit, un coup d’Etat.
D’après les documents consultés par Forbidden Storie, le budget destiné à 10 mois de travail, de janvier à octobre 2024 s’élevait à près de 7,3 millions de dollars. Soit environ 750 000 dollars par mois destinés à articuler les volets « sciences politiques » et médiatiques du projet global d’influence russe.
Dans une grande partie du continent africain, poursuit le média en ligne, Moscou a bien identifié un argument stratégique pour rallier les pays africains à sa cause : exploiter le ressentiment envers les anciennes puissances coloniales et leurs alliés, notamment la France. Dès les premières pages, la feuille de route est explicite. Il s’agit d’atteindre « l’image des pays occidentaux en tant que partenaires politico-militaires fiables », « de transformer le néocolonialisme de la France, du Royaume‑Uni et des États‑Unis en objet de controverse internationale », et « de perturber la logistique militaire de l’AFRICOM » (le commandement militaire américain pour l’Afrique, NDLR). Le but ultime est clairement formulé : « la Compagnie travaille actuellement sur un plan de reformatage de l’espace africain, avec la création d’une ceinture de régimes amis de la Fédération de Russie ».



