Malversations à l’AGASA : pour stopper l’hémorragie, le DGA ordonne la réquisition des ordres d’encaissement et de recettes

Libreville, 2 juillet 2026. Tolérance zéro. Face aux graves dérives de gestion financière détectées dans les délégations provinciales, le Directeur Général Adjoint de l’Agence gabonais de sécurité alimentaire (AGASA), le Commandant Guy Oscar Sadibi Mapangou, passe à l’offensive. Par note N°338 du 30 juin 2026, il fait réquisitionner les ordres d’encaissement et de recettes jusqu’ici utilisés par les délégations provinciales en plus d’imposer un verrouillage strict du circuit comptable.
C’est une mesure choc qui vise à immédiatement couper court aux malversations financières constatées par la nouvelle DAF (directeur administratif et financier). La DAF a ouvertement mis en cause un système mafieux au sein des délégations provinciales. Plusieurs carnets sont délivrés aux délégués sans le moindre retour ou contrôle. Pire, l’utilisation des carnets échappe au circuit financier légal.
Pour voir clair, Guy Oscar Mapangaou a donc donné une semaine aux délégués provinciaux pour « restituer l’ensemble des carnets d’ordres d’encaissement entièrement utilisés ». La remise de nouveaux carnets est désormais conditionnée à la restitution des carnets épuisés. À défaut, aucune nouvelle dotation ne sera accordée, relève le communiqué signé par cet officier de l’Armée de l’air.
Sans carnets officiels, plus d’encaissement possible. En bloquant la dotation, le DGA assèche les circuits parallèles et force la remontée des souches comptables. C’est une « réquisition » de fait de tous les documents financiers en circulation. D’après certaines sources internes à l’AGASA, les carnets envoyés par les délégués provinciaux comportent de nombreuses anomalies.
Retour à l’orthodoxie financière
Ce que le DGA veut stopper net c’est l’usage de reçus artisanaux, quittances volantes ou bons manuscrits qui échappent à la comptabilité publique. « Ces documents non sécurisés sont la porte ouverte aux détournements et privent les opérateurs économiques de preuve de paiement opposable. », martèle-t-il
Non sans brandir la menace de la sanction à l’endroit des agents qui tenteraient de faire obstruction à cette décision : « tout retard injustifié sera assimilé à un refus d’exécuter les instructions de la hiérarchie » avec « sanctions disciplinaires »à la clé. L’objectif : mettre fin au laxisme. Dans le cadre du renforcement des procédures de contrôle et de gestion des documents comptables, la direction générale reprend la main sur les délégations provinciales.
Mapangou tente de sécuriser les recettes et de restaurer la crédibilité de l’AGASA
L’ AGASA perçoit des redevances sur les contrôles sanitaires et phytosanitaires. Chaque franc non tracé est triple : une perte pour le Trésor public, un risque pour l’opérateur qui ne peut justifier son paiement et un discrédit pour l’Agence, chargée de faire respecter les normes mais incapable d’appliquer les siennes en matière comptable.
En réquisitionnant les ordres d’encaissement et en verrouillant les dotations, le DGA pose l’acte fondateur de l’assainissement. La sécurité alimentaire commence par la sécurité comptable. Prochaine étape attendue : l’audit des carnets restitués, la publication des écarts constatés, et les sanctions contre les délégations fautives. Car mettre fin aux malversations, c’est aussi nommer les responsables.



