Menacé d’exclusion de l’UDB : le député Fiacre Mpako Ngoma accuse les « influenceurs » devenus ministres de pousser Oligui Nguema à « une dérive autoritaire »
La façade de discipline de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) se fissure dangereusement. Derrière les discours d’unité, c’est une véritable guerre de positionnement qui se joue en coulisses, avec en ligne de mire l’exclusion annoncée de l’honorable Fiacre Mpako Ngoma, député du 2ᵉ siège de la Zadié.
Selon des sources concordantes, le secrétaire général du parti s’apprête à formaliser une procédure d’exclusion qui ressemble moins à une sanction disciplinaire qu’à un règlement de comptes politique. Une décision lourde de conséquences, qui pourrait révéler au grand jour les fractures internes d’un parti déjà fragilisé par les luttes d’influence. Mais loin de se taire, le parlementaire a choisi la riposte frontale.
Une charge directe contre le cœur du pouvoir
Dans une lettre ouverte au ton inhabituellement virulent, Fiacre Mpako Ngoma ne se contente pas de dénoncer. Il accuse. Et ses cibles sont clairement identifiées : ces « activistes d’hier devenus décideurs d’aujourd’hui », désormais installés dans les cercles du pouvoir, ministres, conseillers ou encore stratèges politiques gravitant autour du Président de la Transition, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema.
Derrière cette formule à peine voilée, c’est toute une génération de nouveaux influents que le député met en cause, les accusant d’avoir troqué leurs idéaux pour des « postes juteux » et des intérêts personnels. Plus grave encore, il évoque une dérive dangereuse. « Certains poussent le Chef de l’État vers une dérive autoritaire. Cela s’apparente à du sabotage. » Le mot est lâché. Sabotage. Une accusation explosive, qui place désormais le débat au-delà des querelles partisanes pour toucher à la nature même de la gouvernance en place.
Le poison est-il dans la bergerie ? L’image utilisée par le député est lourde de sens. « Le danger est souvent au cœur même de la bergerie. » Autrement dit, la menace ne viendrait pas de l’opposition, ni des critiques extérieures, mais bien de l’intérieur du système. Une affirmation qui jette une lumière crue sur les tensions au sommet de l’État et interroge sur la loyauté réelle de certains collaborateurs. Fiacre Mpako Ngoma se pose ainsi en lanceur d’alerte, voire en défenseur d’une ligne politique qu’il estime trahie. Il rappelle avec insistance que le pouvoir du Président ne doit pas être confisqué par une élite opportuniste, mais rester au service du peuple.
Un avertissement à peine voilé au sommet de l’État
Dans un passage qui sonne comme une mise en garde solennelle, le député s’adresse directement aux collaborateurs du Chef de l’État : directeurs de cabinet, secrétaires généraux, conseillers et autres figures de l’ombre. Il leur rappelle une évidence constitutionnelle : un Président élu s’engage à gouverner pour tous, y compris pour ceux qui ne l’ont pas soutenu. Une manière subtile, mais ferme, de dénoncer une possible dérive vers un pouvoir fermé, voire exclusif.
Entre loyauté, affichée et défi politique. Paradoxalement, Fiacre Mpako Ngoma affirme dans le même temps son soutien à la vision présidentielle d’un Gabon « uni, juste et prospère ». Une posture ambivalente, oscillant entre fidélité institutionnelle et défi politique. Car derrière les déclarations d’intention, le message est clair : laissez le Président gouverner sans interférences, sans manipulations, sans calculs d’arrière-boutique.
Vers une crise ouverte à l’UDB ?
L’éventuelle exclusion du député pourrait bien être l’étincelle qui met le feu aux poudres. Car en tentant de faire taire une voix dissidente, l’UDB prend le risque de transformer un malaise interne en crise politique ouverte. Une question demeure : s’agit-il d’une simple discipline partisane… ou du symptôme d’un système qui ne tolère plus la contradiction ? Dans tous les cas, une chose est certaine le débat est désormais public, frontal et dangereux pour l’équilibre déjà fragile du paysage politique gabonais.



