Jean Bosco Boungoumou Boulanga n’est plus : le paysage syndical gabonais est en deuil
Le syndicalisme gabonais perd un "franc-tireur" de la lutte sociale, décédé dans la nuit du 26 au 27 juillet.

Jean Bosco Boungoumou Boulanga est décédé dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 juillet 2026, au Centre hospitalier d’Akanda. Ancien Vice-président de la Dynamique Unitaire ( DU) et Secrétaire général de l’ONPESE – l’Organisation nationale des personnels du secteur de l’équipement – il luttait depuis plusieurs semaines contre la maladie.
Alité dans un centre hospitalier, le mal aura finalement eu raison de sa résistance. Pour la DU, c’est une perte immense. Elle perd une voix qui comptait, un cadre qui avait marqué l’histoire récente du mouvement syndical.
Jean Bosco Boungoumou Boulanga s’était forgé une réputation solide : celle d’un « franc-tireur ». Il n’hésitait jamais. Devant les micros, dans les assemblées, jusque dans les bureaux du pouvoir. Son cheval de bataille : l’amélioration des conditions de travail des agents publics, y compris celles de la main-d’œuvre permanente.
Il interpellait directement le Président de la République quand il le fallait. Sans détour. Pour lui, défendre les travailleurs, c’était dire les choses telles qu’elles sont.
UN PARCOURS MARQUÉ PAR LA LUTTE ET LA PRISON
Son engagement lui aura coûté cher. En août 2020, sous le régime dictatorial d’Ali Bongo, il avait été enlevé sur son lieu de travail. Quelques jours plus tard, il était présenté devant le procureur puis placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Libreville.
Il faudra attendre 2023 et le coup de force mené par les hommes en treillis pour qu’il recouvre la liberté, à l’instar de nombreux autres prisonniers politiques. Dès sa sortie, il n’a pas baissé les bras. Jusqu’à son dernier souffle, il n’a eu de cesse de dénoncer les injustices.
Son retour dans l’arène syndicale après la prison montrait la force de sa conviction : tant qu’il y aurait des travailleurs à défendre, il serait là. Son départ survient à un moment charnière pour la Dynamique Unitaire. La DU perd aujourd’hui plus qu’un leader. Elle perd un leader syndical exigeant, frontal, mais ancré dans le quotidien des agents.
Le syndicalisme gabonais pleure un des siens. Un homme qui a choisi de se battre jusqu’au bout pour ceux qui n’avaient pas toujours la parole.



