Société

Agriculture : l’OIF apporte son soutien aux femmes de Nkokloa dans la culture des champs

Pendant que les grandes conférences parlent de souveraineté alimentaire, elles, elles la font. À Nkokloa, un petit village de la région de Bitam, au nord du Gabon, des femmes ont décidé de ne plus attendre.

Grâce au soutien de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), les femmes de Nkokloa développent aujourd’hui des cultures vivrières – manioc et banane plantain – qui changent leur vie et celle de toute leur communauté. C’est une révolution silencieuse, mais c’est une révolution.

On a longtemps reproché à la Francophonie d’être une organisation de discours, de sommets et de belles paroles. Le dispositif « La Francophonie avec Elles »  vient tordre le cou à ce cliché. Au Gabon, ce fonds mobilise près de 300 000 euros au profit d’environ 250 femmes. Ce n’est pas de l’aide humanitaire. C’est un investissement productif.

Au Gabon, comme partout en Afrique, 60 à 80% de la production vivrière est assurée par les femmes. Financer les femmes, c’est financer directement la sécurité alimentaire du pays. C’est le meilleur rendement social qui existe.

Ce projet soutenu par l’OIF permet de  financer  la souveraineté alimentaire au Gabon : Manioc et banane plantain. Ce ne sont pas des cultures d’exportation pour nourrir l’Europe. Ce sont des cultures qui nourrissent le Gabon.  Surtout, dans un pays qui importe encore plus de 60% de ce qu’il mange, chaque hectare de manioc à Bitam, c’est une facture d’importation en moins à Libreville.

Donner de l’argent ne suffit pas. C’est là que le projet de Nkokloa est exemplaire. Les agricultrices ne sont pas laissées seules. Elles sont accompagnées sur le terrain par une organisation locale qui connaît le sol, la forêt et les réalités : le Centre d’Étude et d’Appui au Développement Local (CEAD).

Et la formation est ultra-concrète : espacement des boutures pour ne pas épuiser le sol, multiplication des rejets de bananiers pour augmenter la production sans acheter de nouvelles semences, organisation rationnelle de près de 10 hectares.

On ne leur apprend pas à être agricultrices – elles le sont depuis toujours. On leur donne les techniques pour produire plus, perdre moins, et gagner mieux. C’est la différence entre l’agriculture de subsistance et l’agriculture entrepreneuriale.

L’impact socio-économique de ces 10 hectares va bien au-delà du manioc. Quand une femme de Nkokloa vend sa production de manioc, elle paie la scolarité de ses enfants, ne va plus à Bitam acheter du manioc venu du Cameroun, elle crée de l’emploi pour d’autres femmes au village et devient autonome financièrement et donc libre dans ses choix

C’est cela, l’autonomisation. Pas un slogan d’ONG. C’est un compte Mobile Money qui se remplit à la fin du mois grâce à son propre travail.

Le projet de Nkokloa est une leçon pour tout le Gabon. Il prouve trois choses : La solution à l’exode rural n’est pas à Libreville, elle est à Nkokloa.  Si on donne les moyens aux femmes de vivre dignement de leur terre, elles ne partiront pas.  La Francophonie la plus utile est celle qui parle le moins. Moins de sommets, plus de boutures de manioc.  Le développement du Gabon ne se fera pas avec des mégaprojets à coups de milliards, mais avec 250 femmes, 10 hectares, et un accompagnement sérieux.

Nkokloa a montré la voie. À l’État de transformer l’essai en politique nationale.

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