Société

Fougamou : 7 appareils vitaux disparus, 3 techniciens en prison, le matériel retrouvé à Port-gentil

C'est un scandale qui dépasse l'entendement. Un acte de sabotage pur et simple contre la santé des Gabonais. Sept équipements vitaux disparus. C'est le bilan accablant du pillage méthodique dont a été victime l'Hôpital départemental de Fougamou, dans la province de la Ngounié.

L’hôpital se retrouve aujourd’hui amputé d’une partie essentielle de son plateau technique, incapable d’assurer les soins de base pour des milliers d’habitants du département de Tsamba-Magotsi. L’affaire commence par un inventaire de routine. La direction constate la disparition progressive d’appareils biomédicaux flambant neufs, récemment dotés par l’État.

Moniteurs multiparamétriques, concentrateurs d’oxygène, appareils d’échographie portative, centrifugeuses… Du matériel vital, d’une valeur de plusieurs dizaines de millions de FCFA. L’alerte est donnée. Une enquête est ouverte par les services de gendarmerie.

Et très vite, les soupçons se portent à l’intérieur même de l’hôpital.  Trois techniciens biomédicaux, censés entretenir et réparer ce matériel, sont interpellés. Ceux qui devaient soigner les machines les volaient. Selon nos informations, le mode opératoire était bien huilé. Les appareils étaient déclarés « en panne » ou « hors service », sortis discrètement de l’hôpital, puis exfiltrés.

C’est là que l’affaire prend une dimension nationale. Le matériel volé à Fougamou ne restait pas cette localité de la province de la  Ngounié. Les enquêteurs ont remonté la filière jusqu’à Port-Gentil, à plus de 400 km. C’est dans la capitale économique que le butin devait être revendu au marché noir, à des cliniques privées et à des revendeurs sans scrupule.

Le matériel a été retrouvé. Les trois techniciens, eux, ont été présentés au parquet et placés sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Mouila en attendant leur jugement. Ils risquent de lourdes peines pour vol aggravé, abus de confiance et mise en danger de la vie d’autrui.

Pendant que les voleurs croupissent en prison, c’est toute une population qui paie le prix fort. Une femme qui doit accoucher, un enfant qui a besoin d’oxygène, un accidenté de la route… À Fougamou, on soigne désormais avec les moyens du bord.

Voler un hôpital, c’est voler la vie. L’affaire relance le débat sur la sécurisation du matériel biomédical dans nos hôpitaux publics et sur le contrôle des dotations de l’État. Le Ministre de la Santé est attendu sur ce dossier.

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