Société

Libreville à sec : deux jours sans gasoil, une capitale à l’arrêt et un gouvernement qui se tait

Voilà deux jours que Libreville tourne au ralenti. Voilà deux jours que le gasoil a disparu des pompes. Et voilà deux jours que le Ministère du Pétrole et la SGEPP regardent ailleurs. Dans la capitale d’un pays producteur de pétrole, le calvaire des automobilistes est devenu le symbole d’une gestion opaque.

Le spectacle est partout le même. De Nzeng-Ayong au centre-ville, des files interminables de véhicules font la queue devant les quelques stations qui disposent encore du précieux liquide. Des taxis, des bus, des camions, des particuliers. Tous bloqués.

Voilà deux jours que les populations de la capitale gabonaise font face à une pénurie de gasoil. Deux jours que les véhicules font la queue. Les conséquences immédiates sont paralysantes. Les usagers sont bloqués au sein des différents carrefours de la capitale… Difficile de se rendre à son lieu de travail, difficile pour les élèves de se rendre au sein des établissements. C’est toute l’économie de Libreville qui est prise en otage. Le transporteur ne roule plus, l’employé n’arrive pas au bureau, l’enfant arrive en retard à l’école.

Le silence assourdissant du ministère et de la SGEPP 

Mais le plus choquant dans cette crise aussi soudaine que paralysante, ce n’est pas la pénurie. C’est le silence. Le curieux silence du Ministère du Pétrole ou de la Société d’Entreposage des Produits Pétroliers (SGEPP). Rien, nada… aucune explication n’est donnée sur cette situation. Pas un communiqué, pas une prise de parole, pas un délai de retour à la normale. Le Gabonais est laissé à lui-même, à deviner ce qui se passe dans son propre pays producteur d’or noir.

Dans les stations-services c’est tout aussi la surprise. « Nous n’avons aucune idée sur l’origine de cette pénurie » se désole un pompiste. À la station du Rond-point de Nzeng-Ayong, par exemple, rare station disposant de gasoil, les consommations sont restreintes à 5.000 Francs.

De quoi agacer les transporteurs qui n’arrivent pas à travailler correctement avec une consommation aussi insuffisante. 5.000 FCFA, c’est à peine une demi-journée de travail pour un taximan. C’est la double peine : il n’y a pas de gasoil, et quand il y en a, on ne peut pas en acheter assez pour travailler.

L’urgence d’une communication

Comment expliquer qu’un pays membre de l’OPEP, avec une raffinerie, se retrouve à sec sans explication ? Problème d’importation ? Panne à la SOGARA ? Retard de bateau ? Spéculation ? Le silence nourrit toutes les rumeurs et aggrave la panique. Les automobilistes font des stocks, ce qui accélère la pénurie. En 2026, sous la Ve République qui a promis la transparence et la rupture, Libreville ne peut pas être gérée comme une station-service abandonnée. Les Gabonais ont besoin de carburant, mais ils ont d’abord besoin d’une explication.

Le Ministère du Pétrole doit parler. Maintenant.

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