4 ans sans nominations à l’Éducation nationale : on prend les mêmes et on recommence
Deux semaines après la rentrée officielle des classes, le constat est accablant au ministère de l’Éducation nationale. Pas une seule nomination. Pas un seul mouvement. Les mêmes à la tête des établissements, alors que le système craque. On pensait que la Ve République allait faire bouger les lignes. On pensait que l’école, déclarée priorité nationale par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, allait être le premier chantier de la refondation.
Il n’en est rien. À l’Éducation nationale, c’est le statu quo. Pire, c’est la stagnation. La rentrée officielle a sonné depuis deux semaines. Les élèves sont en classe, les enseignants au tableau, les parents ont payé uniformes et fournitures. Mais au sommet des établissements publics, rien n’a bougé.
Aucune nomination n’a été opérée au sein de ce département ministériel alors que les attentes sont nombreuses. Proviseurs, censeurs, directeurs d’écoles primaires, chefs de circonscriptions… les mêmes postes, les mêmes visages depuis bientôt 4 ans. Il n’y a curieusement aucun conseil des ministres qui ne chamboule l’Éducation nationale. 4 ans que les mêmes gèrent les mêmes établissements avec les mêmes résultats que l’on connaît.
Comment parler de refondation quand on refuse de refonder l’encadrement lui-même ? Sur le terrain, la situation frise l’absurde. Et tout le monde le voit, sauf le ministère. Des responsables d’établissement à la retraite qui continuent de signer des papiers administratifs alors qu’ils devraient jouir de leur repos. Comment demander de l’énergie et de l’innovation à quelqu’un qui a déjà fait valoir ses droits à la retraite et qui attend juste qu’on le laisse partir ?
D’autres qui occupent les postes de responsables en tant qu’intérimaires depuis des années. Intérimaire pendant 2, 3, parfois 4 ans. Sans lettre de nomination, sans légitimité pleine, sans pouvoir réel pour sanctionner, réformer ou impulser. Ils gèrent au jour le jour, ils font de la figuration. L’école ne peut pas être pilotée par des intérimaires éternels. Le Ministre de l’Éducation nationale n’a pas trouvé utile de procéder à un chamboulement à la tête des établissements. C’est son choix. C’est son droit. Mais c’est une faute, estime un leader syndical.
Pourquoi ce maintien des troupes ? C’est la question que tout le corps enseignant se pose dans les salles des profs de Libreville à Franceville. S’agit-il d’une peur de mécontenter des réseaux ? D’un manque de viviers de compétences ? D’un calcul politicien où chaque poste de proviseur est un équilibre à ne pas toucher ? Ou simplement d’une indifférence face au quotidien de l’école gabonaise ?
Nul ne le sait ! Et c’est bien ça le problème. Aucune communication, aucune explication, aucun calendrier de nominations n’a été donné. Or, on ne peut pas demander aux élèves l’excellence quand on entretient la médiocrité à la tête de leurs écoles. On ne peut pas parler de mérite si on protège des postes par ancienneté et par habitude. Et tant qu’on prendra les mêmes pour recommencer, on aura les mêmes résultats.



