Société

Conseil des ministres: le Gabon interdit toute forme d’exportation de l’Iboga et de ses dérivés

Réuni à Port-Gentil le 18 septembre 2026, le Gouvernement frappe un grand coup pour la souveraineté culturelle et scientifique. En sanctuarisant Tabernanthe iboga, le Gabon déclare son patrimoine sacré non négociable.

C’est une décision historique. Courageuse. Et profondément souveraine. En Conseil des ministres, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a fait acter  l’interdiction totale de toute forme d’exportation de l’Iboga et de ses dérivés, sous toutes leurs formes : écorce, racine, poudre, extrait, ibogaïne.

Plus une seule racine ne sortira du territoire sans autorisation de l’État. C’est terminé. À travers cette décision, le Gabon n’interdit pas une plante. Il protège une âme. L’Iboga n’est pas une plante comme les autres. Pour le monde, c’est une molécule à la mode qui soigne les addictions. Pour le Gabon, c’est le pilier du Bwiti, rite initiatique classé patrimoine culturel, c’est le lien entre les vivants et les ancêtres, c’est le secret des Pygmées et des Mitsogo.
Depuis 20 ans, cette plante sacrée était pillée. Des kilos de racines arrachées dans le Woleu-Ntem, l’Ogooué-Ivindo, le Moyen-Ogooué, séchées dans des sacs et expédiées vers l’Europe et les États-Unis pour 300 à 800 dollars le kilo sur le marché noir du sevrage. Des réseaux internationaux venaient se servir, brevetaient des dérivés d’ibogaïne à l’étranger, pendant que les communautés gardiennes restaient dans la misère.
En interdisant l’exportation, le Gabon dit : notre sacré n’est pas à vendre en vrac. L’Iboga pousse lentement. Il faut 7 à 10 ans pour qu’un arbuste donne une racine exploitable. Le pillage intensif a mis l’espèce en danger. L’UICN l’a classée espèce quasi-menacée. On arrachait la plante entière pour prendre 200 grammes d’écorce. On déforestait pour trouver une dose.
Cette interdiction est un acte écologique. C’est l’application directe de la Convention sur la diversité biologique et du Protocole de Nagoya que le Gabon a signé : les ressources génétiques appartiennent au pays d’origine, et leur exploitation doit se faire avec son consentement et à son profit.
Pourquoi exporter la racine à 10 000 FCFA pour que d’autres la revendent 800 dollars en gélules d’ibogaïne ?
Désormais, la stratégie est claire : interdire le brut, autoriser la valeur ajoutée. Toute valorisation devra se faire au Gabon, dans des laboratoires agréés, avec traçabilité. Créer une filière nationale de l’Iboga :* pépinières, plantations durables, unité d’extraction d’ibogaïne pharmaceutique au Gabon, en partenariat avec les détenteurs traditionnels du savoir.
Imposer le partage des avantages :chaque brevet, chaque médicament développé à partir de l’Iboga gabonais devra reverser des royalties aux communautés et à l’État.  Le Gabon ne sera plus le champ d’Iboga du monde. Il sera la pharmacie et le temple du monde.

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