Premier Président de la Cour des Comptes : « nous avons 1700 milliards de débets et amendes pour lesquels les compatriotes doivent rendre à l’État »
Libreville, 30 août 2026. À la veille de la nouvelle année judiciaire, la Cour des Comptes dresse un bilan d’étape. Et le message du Premier président, Alex Euv Moutsiangou, est clair : l’institution entre dans une nouvelle ère de transparence et d’efficacité, au service de la Ve République.
Pour le Premier président, la Cour des Comptes n’est plus une juridiction en retrait. Son rôle s’est renforcé : audit, évaluation des politiques publiques, contrôle de la gestion des entités et organismes d’État. L’ambition affichée : « rendre leur dignité aux Gabonais » en garantissant des services publics de qualité. Cela passe par une gestion orthodoxe des moyens mobilisés pour les grands projets de développement en cours sur l’ensemble du territoire national.
« Sortir de l’opacité apparente », « renforcer l’efficacité des mécanismes de bonne gouvernance », « rendre accessible aux citoyens les décisions majeures » : voilà les défis que la Cour dit avoir relevés au cours de l’exercice écoulé.
368 rapports, 89,40% de taux d’exécution : un record
Sur le volet opérationnel, le bilan est chiffré. « En début d’année, j’ai signé 368 rapports », a déclaré Alex Euv Moutsiangou. 368 ordonnances portant ordre de mission ont ainsi été exécutées. Résultat : un taux d’exécution de 89,40%. Un fait sans précédent selon le Premier président, qui concourt à « la nouvelle dynamique impulsée dans un contexte de mutation du pays ».
Parmi les dossiers marquants, la Cour a notamment mené deux audits de la CNAMGS. L’un sur les évacuations sanitaires, l’autre sur le fonctionnement du Fonds des Gabonais Économiquement Faibles. Des travaux qui ont permis à cette société parapublique d’engager des réformes pour une meilleure offre de soins.
La Cour a aussi publié un recueil des décisions et avis des juridictions financières, portant sur les arrêts rendus, les justiciables identifiés et les montants en cause.
1700 milliards FCFA de débets et amendes : l’heure du recouvrement
L’indicateur le plus marquant reste financier. « Nous avons 1700 milliards de débets et amendes pour lesquels les compatriotes doivent rendre à l’État », a martelé le Premier président. « 1700 milliards de FCFA, c’est l’équivalent du budget de certains pays », a-t-il rappelé.
Un montant qui interpelle et qui place le recouvrement au centre des priorités. Sur ce point, la Cour des Comptes et le Parquet général travaillent « en parfaite harmonie ». C’est le Parquet qui assure désormais le suivi et l’exécution des décisions de justice pour récupérer ces sommes. « Les uns et les autres sont donc appelés à restituer les sommes distraites », a insisté Alex Euv Moutsiangou, réaffirmant son attachement à « rendre la justice au nom du peuple gabonais, sans qu’il n’y ait un quelconque blocage ».
Avec ce bilan, la Cour des Comptes veut incarner le bras armé de la rigueur budgétaire de la Ve République. Entre audits ciblés, publication des décisions et traque des débets, l’institution entend faire de la transparence la norme. Le défi pour les mois à venir : transformer ces 1700 milliards de créances en ressources réelles pour l’État. Et prouver que la bonne gouvernance n’est plus un slogan, mais une pratique.



