Pêche illégale au Gabon : La Chine acteur d’un braquage halieutique
Libreville, 29 août 2026 – Pendant que d’autres pays sécurisent leurs ressources stratégiques, le Gabon continue de voir les siennes partir. Depuis des années, le pays est confronté à un pillage systématique de ses ressources halieutiques. Et au cœur de ce bradage, un acteur revient avec insistance : la Chine.
Le constat est accablant. Les eaux gabonaises sont prises d’assaut. Ce bradage vient en grande partie des chalutiers chinois qui opèrent au large des 900 km de côtes du Gabon. Filets démesurés, périodes de pêche non respectées, déclarations sous-évaluées : les méthodes sont connues des professionnels du secteur.
Résultat : des stocks de poissons s’épuisent à une vitesse alarmante. Des espèces entières disparaissent des zones traditionnelles de pêche. Les communautés de pêcheurs artisanaux, qui font vivre des milliers de familles à Libreville, Port-Gentil, Mayumba ou Gamba, se retrouvent avec des pirogues vides.
Ce n’est pas de la pêche. C’est du pillage. Un pillage qui prive l’État de recettes fiscales, prive les gabonais d’emplois et prive le pays d’une souveraineté alimentaire qu’il pourrait pourtant avoir. Le contraste est saisissant. Au Gabon, le poisson part brut. Les devises partent avec. Et il ne reste aux communautés que les conséquences : chômage, précarité, et une dépendance accrue aux importations de poisson congelé.
Il est temps d’agir
Le Gabon ne peut pas continuer à offrir sa mer en pâture. La pêche représente pourtant un potentiel énorme pour l’économie bleue, la création d’emplois et la sécurité alimentaire. Il faut désormais des contrôles renforcés en mer, des sanctions dissuasives, et surtout une volonté politique de transformer localement la ressource. Que les usines de transformation, les conserveries et les emplois reviennent sur le sol gabonais.
Car une nation qui ne protège pas sa mer hypothèque son avenir. La véritable souveraineté commence aussi dans l’assiette. Et l’assiette des Gabonais ne doit plus dépendre du bon vouloir de chalutiers étrangers.



