Radiation et sanctions : la magistrature gabonaise engage son auto-épuration
Libreville, 26 août 2026 – Jamais le Conseil Supérieur de la Magistrature n’avait frappé aussi fort et aussi vite. En une seule session disciplinaire le 25 août 2026, 3 hauts magistrats ont été radiés sanction suprême prévue par l’article 164 du Statut. D’autres suspensions lourdes ont également été prononcées. Derrière ces décisions, un message clair : la magistrature gabonaise engage son auto-épuration.
Le Conseil de discipline du CSM a visé des profils sensibles, à des postes stratégiques :
Leïla Létitia AYOMBO MOUSSA, Directrice des Sceaux, ex-juge d’instruction. Radiée après la polémique d’une vidéo avec Noureddin Bongo Valentin. Le symbole : plus aucun magistrat ne peut se croire au-dessus du devoir de réserve.
MASSALA Urbain, Substitut Général à Mouila. Radié pour *escroquerie présumée* et *récidive disciplinaire*. Le signal : les plaintes récurrentes de justiciables ne resteront plus sans suite.
Dr Eddy Narcisse MINANG, Procureur Général de Libreville. Radié dans un dossier procédural contesté, mais qui illustre la nouvelle règle : l’absence et le silence ne protègent plus.
Le choix de frapper des directeurs, des procureurs généraux et des substituts prouve une chose : le rang ne protège plus. Cette vague de sanctions s’inscrit dans la dynamique impulsée par le Président du CSM, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA. Objectif affiché depuis 2023 : restaurer la confiance des Gabonais dans la Justice.
Pendant des années, l’image du magistrat a été ternie par des affaires de favoritisme, de lenteur, et parfois de corruption. En frappant fort, le Conseil de discipline du CSM veut se dépouiller des magistrats « véreux » pour sauver l’honneur du corps.
C’est une logique de chirurgie : couper pour guérir. Mieux vaut perdre quelques éléments que de voir toute l’institution discréditée. Cette sévérité soulève deux défis majeurs. D’abord, la crédibilité. En sanctionnant publiquement, le CSM gagne en autorité. Les justiciables voient que les plaintes peuvent aboutir. Les partenaires internationaux voient un signal de bonne gouvernance.
Ensuite, la procédure. Le cas Minang rappelle qu’un magistrat ne peut se permettre d’entraver une procédure judiciaire ouverte à l’encontre d’un de ses proches ou d’une connaissance. Le pouvoir d’un magistrat n’est pas illimité, il demeure encadré par la loi.
Avec cette série de radiations, la magistrature gabonaise franchit un cap. Elle choisit de rappeler à aux Homme qui ont pour mission de faire appliquer la loi qu’eux même ne sont pas au-dessus de la même loi. Plus de tolérance pour les déviances, plus d’impunité pour les grades.



