AGASA : Pourquoi le directeur général refuse de se soumettre à un audit de sa gestion ?

À l’AGASA, ce n’est plus seulement l’administration qui donne des signes d’essoufflement. C’est l’atmosphère elle-même qui semble devenue irrespirable. Selon plusieurs sources internes, les relations entre la Direction générale, Jean Delors Biyogue Bi Ntougou et la Direction des affaires financières se seraient considérablement détériorées, au point de paralyser certains mécanismes de contrôle.
Dans les couloirs de l’Agence, un mot revient avec insistance : l’arrogance. Pour plusieurs observateurs, ce n’est pas tant la divergence des points de vue qui inquiète que la difficulté de certains responsables à accepter les règles de contrôle lorsqu’elles s’appliquent à leur propre gestion.
L’ironie est saisissante. Un audit censé éclairer les pratiques du passé semble avoir rappelé une évidence : la bonne gouvernance ne s’arrête pas le jour où une nouvelle équipe prend les commandes. Les principes de transparence, eux, n’ont ni couleur politique ni date de nomination.
Les tensions autour des carnets d’ordres d’encaissement illustrent ce malaise. Dans toute administration sérieuse, la traçabilité des recettes constitue le minimum syndical. Lorsque des documents comptables deviennent un sujet de polémique interne, c’est moins la comptabilité qui est en cause que la crédibilité de l’institution.
Au-delà des personnes, c’est une culture administrative qui interroge. Une institution publique ne peut fonctionner durablement si les procédures sont perçues comme des obstacles plutôt que comme des garanties. Le contrôle financier n’est pas un affront personnel ; il est la condition même de la confiance des citoyens.
L’histoire administrative regorge de dirigeants persuadés que leur autorité suffisait à remplacer les règles. Elle montre aussi que l’arrogance est rarement une stratégie de gestion durable. Lorsqu’une administration se divise entre ceux qui veulent appliquer les procédures et ceux qui les considèrent comme des contraintes inutiles, le véritable perdant reste le service public.
L’AGASA mérite mieux qu’un climat de suspicion permanent. Elle mérite une gouvernance capable de démontrer, documents à l’appui, que chaque franc public est géré avec rigueur. Dans une République moderne, la transparence ne devrait jamais être vécue comme une menace, mais comme la première obligation de ceux qui exercent des responsabilités publiques.



