Gabon Economic Forum : Le patronat exige un audit de la CNAMGS et un apurement de la dette intérieure

Placé sous le thème « Des entreprises fortes pour une croissance durable et une prospérité partagée », le Gabon Economic Forum 2026 a vu le patronat durcir le ton. La FEG réclame un audit de la CNAMGS et un programme chiffré de remboursement de la dette intérieure, qui dépassait 4 340 milliards de FCFA fin 2025. En face, l’exécutif promet de « payer à bonne date ». Le test de crédibilité est lancé.
Le forum entendait franchir le pas « du diagnostic à l’action ». Sur le terrain, le président de la FEG, Alain-Claude Kouakoua, a joint le geste à la parole en avançant des mesures précises plutôt que de simples constats.
L’audit de la CNAMGS
Devant les représentants de l’État, Alain-Claude Kouakoua a réclamé un audit de la caisse, qu’il a jugée « non fiable en l’état actuel ». La demande est lourde de sens : elle émane de l’organisation qui fédère plus de 1 000 entreprises, soit près de 90 % de l’emploi formel, et place la fiabilité de l’organisme d’assurance maladie au cœur du dialogue public-privé.
Pour le patron des patrons « on ne peut pas demander aux entreprises de cotiser plus, ni de faire confiance au système, si les comptes de la CNAMGS ne sont pas certifiés. » La soutenabilité de la couverture santé universelle est en jeu pour Kouakoua.
Un programme de remboursement chiffré pour la dette intérieure
Le patron des patrons a par ailleurs annoncé avoir soumis à l’État un programme de remboursement de la dette intérieure, dont l’encours dépassait 4 340 milliards de FCFA fin 2025.
L’État promet de payer « à la bonne date » : la réponse politique
Côté exécutif, c’est le vice-président du gouvernement, Alexandre Barro Chambrier, qui représentait la puissance publique. Dans son intervention, il a appelé à une FEG solide et structurée, présentée comme un moteur de la croissance, et s’est engagé à rendre les entreprises plus attractives et à régler les factures à la bonne date.
Cet engagement de paiement fait écho aux 90 jours que les autorités s’étaient fixés pour les marchés publics. Il constitue, à lui seul, un marqueur vérifiable. C’est à l’aune de ce respect des délais que se mesurera, dans les faits, la confiance affichée samedi.
Les conclusions des huit ateliers doivent être consolidées dans une « Déclaration de Libreville du secteur privé » et une feuille de route de suivi, dont la FEG assurera le secrétariat. En clôture, la fédération s’est engagée à hiérarchiser, documenter et examiner régulièrement les recommandations retenues, autour d’un calendrier et de responsabilités identifiées.



