Tribune libre : « la démarche entreprise par la FEG et le HCI ne cadre pas avec celle annoncée… »
Dans cette tribune libre, le président de la Confédération gabonaise des petites et moyennes entreprises dénonce l’influence toxique et les méthodes cavalières de la FEG dans l’organisation des travaux du Haut conseil pour l’investissement. Lecture !

Organisés du 04 au 11 juin 2026, les travaux du Haut Conseil pour l’investissement ont attiré de nombreux opérateurs économiques majoritairement ceux de la fédération des entreprises du Gabon (FEG). Quelques organisations patronales étaient associées à ces travaux pour porter leurs voix.
Ces travaux qui s’inscrivaient dans le cadre de l’organisation du dialogue public-privé avaient entre autres pour but, de redynamiser les relations entre les administrations publiques et les partenaires économiques, réorganiser la gouvernance des établissements publics, le renforcement de la sécurité juridique des investissements, le renforcement de l’inclusion des PME dans la commande publique.
Mais au grand étonnement de certains acteurs en dehors de la FEG, ces assises paraissaient bien plus comme une rencontre organisée entre les pouvoirs publics et la FEG. Une situation qui n’a pas manqué de faire réagir certains participants qui refusaient déjà d’avoir été invité uniquement pour venir grossir le nombre de participants et servir de caution pour les décisions controversées qui pourraient découler de cette rencontre pourtant hautement symbolique pour l’avenir de notre économie.
Les conclusions présentées au Vice-Président du Gouvernement par le président de la FEG, transmises aux différents panels et présentées en Conseil des Ministres du jeudi 25 juin 2026, feraient déjà l’objet de protestations par certaines organisations qui ne se reconnaissent pas dans la démarche finale entreprise par les responsables de la FEG et ceux du Haut Conseil pour l’Investissement. Une situation qui dès le départ n’avait pas manqué de soulever les inquiétudes du président de la confédération générale des petites et moyennes entreprises et industries (CGPMEI) qui avait interpellé le Ministre de la réforme et des relations avec les institutions, ce dernier assurant la présidence du panel gouvernance des établissements publics.
« La démarche entreprise par la FEG et le HCI ne cadre pas avec celle annoncée et le résumé du contenu du rapport qui nous est présenté dans les panels, est incomplet au regard de ce que nous avons préconisé. J’interpelle ici le Ministre en charge de la Reforme afin de ne pas se laisser conduire dans les controverses d’arrière-boutique des membres de la FEG. Dès le départ, c’est-à-dire le premier jour des discussions j’avais déjà attiré l’attention de notre président du panel sur la manière dont ces travaux avaient été préparés sans la participation de la majorité des organismes patronales légalement reconnues sur l’étendue du territoire. Il est inconcevable d’assimiler exclusivement le secteur privé à la seule organisation de la FEG, bien qu’étant la plus puissante et la mieux structurée. Aujourd’hui l’avenir me donne raison. Nous nous retrouvons dans une situation de domination de volonté exclusive des idées majoritaires de la FEG en termes de conclusions des travaux qui ont pourtant donné lieux à des recommandations bien plus importantes que celles présentées par la FEG et le HCI au Vice Président du Gouvernement.
Il ne saurait être question d’avoir été utilisé comme de simple caisse de résonance ou d’échelle pour faire avancer les priorités d’une FEG qui se soucie peu du devenir des nationaux dans l’économie Gabonaise. D’abord il était judicieux d’envoyer une copie du rapport final à chaque président de panel. Il faut noter que certains de ces panels étaient présidés par des membres du gouvernement, qui découvrent ledit rapport en Conseil des Ministres. Cela ne fait pas élégant. Ensuite il était convenu de la tenue d’une plénière avant de présenter ce rapport au VPG. Contre toute attente, nous découvrons tous par voie de presse la remise dudit rapport au VPG.
Après nous avons des résumés qui nous informent des principales résolutions retenues. Notamment l’accélération de la promulgation d’un code d’investissement sui dénie aux Gabonais le droit de préférence nationale, les publications autour de la continuité des activités d’une chambre de commerce inféodée par la FEG et dont les présidents et le Directeur Général sont désormais investis d’un mandat à vie. Une politique entrepreneuriale qui ne cadre plus avec les standards internationaux et la volonté affichée du Chef de l’État de promouvoir une économie nationale inclusive. Une gouvernance des établissements publics objet de controverses et scellée par le sceau de l’impunité face aux détournements et à la promotion de l’incompétence. Nous interpellons une fois de plus Monsieur le Ministre en charge de la Réforme afin qu’il s’assure que nos nuits blanches passées à réfléchir servent à rebâtir notre économie. Nous refusons cette autocratie économique que la FEG nous impose. »



