Protection de la faune et la flore : l’AFD soutient le Gabon avec un financement de plus de 100 millions
À Libreville, l’inauguration d’une salle sécurisée dédiée au stockage des ivoires saisis, couplée à la signature d’un financement international de 17,5 millions d’euros, marque une accélération concrète de la politique environnementale du pays, entre lutte contre les trafics et modernisation de l’action publique.

Les autorités gabonaises ont officiellement mis en service le 25 mars dernier une salle forte destinée à conserver les ivoires issus de saisies. Bien plus qu’un simple entrepôt, cette infrastructure s’inscrit dans une stratégie globale de traçabilité et de sécurisation des preuves dans la lutte contre le trafic de faune sauvage. Dans un contexte où le commerce illégal d’espèces protégées reste une menace majeure, cet outil renforce la crédibilité des dispositifs judiciaires et opérationnels.
Dans la même dynamique, une salle dédiée au Système national de traçabilité du bois au Gabon (SNTBG) a été réceptionnée. Ce dispositif vise à suivre chaque étape du bois, de l’exploitation à l’exportation, afin de garantir la légalité des filières et de limiter les pratiques frauduleuses. L’enjeu est clair : faire du Gabon un modèle de gestion forestière responsable, capable de concilier exploitation économique et préservation des écosystèmes.
Ces deux équipements, mise en service pour le premier et réception pour second par le Vice-président du gouvernement Hermann Immongault, ont été financés en subvention par l’ACD.
Un partenariat financier structurant
Au-delà des infrastructures, c’est l’ampleur du soutien financier qui retient l’attention. La signature d’une convention de subvention de 17,5 millions d’euros, en partenariat avec l’Agence française de développement (AFD), ouvre une nouvelle phase d’investissement. Ce financement, issu de l’Accord de conversion de dette (ACD) franco-gabonais, sera consacré au projet de Renforcement des Infrastructures et des Moyens Opérationnels des Structures Déconcentrées (ROMOSD) du Ministère des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, chargé du Conflit Homme-Faune.
L’objectif est d’équiper concrètement les agents déployés sur le terrain : logements, bases opérationnelles, matériels techniques. Autrement dit, donner aux services forestiers les moyens d’agir efficacement, au plus près des réalités locales. Car c’est bien là que se joue la bataille pour la préservation des ressources : dans les zones reculées, où l’État doit affirmer sa présence.
Les documents ont été paraphé par le Ministre de l’Economie, des Finances, de la Dette et des Participations, Chargé de la Lutte contre la Vie Chère, Thierry MINKO, le Ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, Chargé du Conflit Homme-Faune, Maurice NTOSSUI ALLOGO, l’Ambassadeur de France au Gabon et à Sao Tomé-et Principe, Fabrice MAURIES, ainsi que le Directeur de l’AFD au Gabon, Olivier DELEFOSSE.
De la stratégie à l’efficacité
Cette double initiative révèle une évolution notable : le passage d’une politique environnementale déclarative à une logique d’exécution. En investissant simultanément dans les infrastructures, les outils de traçabilité et les capacités humaines, le Gabon cherche à verrouiller toute la chaîne de gestion de ses ressources naturelles.
Dans un contexte international où la pression sur les matières premières et la biodiversité s’intensifie, cette approche pourrait renforcer l’attractivité du pays auprès des partenaires soucieux de durabilité. Elle répond également à une exigence croissante de transparence dans les filières forestières et fauniques.
Un tournant à confirmer
Reste désormais à transformer l’essai. Car si les investissements sont conséquents, leur efficacité dépendra de la capacité à maintenir un suivi rigoureux, à lutter contre les réseaux criminels et à assurer la continuité des politiques publiques sur le long terme.
Avec ces nouvelles infrastructures et ce financement structurant, le Gabon envoie un signal fort : celui d’un État qui entend reprendre le contrôle de ses ressources et imposer des standards élevés. Une ambition qui, si elle se confirme, pourrait repositionner le pays comme un acteur majeur de la gestion durable des forêts en Afrique.



