Mounguengui veut demeurer à la tête de la Fegafoot : les associations des footballeurs dénoncent une candidature immorale et abjecte
Après la débâcle des Panthères à la dernière Coupe d’Afrique des nations, trois matchs, trois défaites, l’on a espéré un sursaut d’orgueil. Le peuple gabonais a demandé une autopsie pour déceler l’origine de telles défaillances afin que plus jamais le Gabon ne soit aussi ridicule à une compétition de cette envergure. C’était trop demander à des dirigeants qui sont nés avant la honte. Des gens qui se foutent royalement que le Gabon soit humilié. Le plus important pour eux, c’est la préservation de leurs intérêts.
Quand dans d’autres pays, par honneur, les dirigeants démissionnent parce que n’ayant pas obtenu les résultats attendus, au Gabon Pierre Alain Mounguengui brigue un quatrième mandat à la tête de la Fegafoot. Sans sourciller, l’ex arbitre international, croit pouvoir, cette fois-ci, réaliser ce qu’il n’a pu faire en 12 ans. Une arnaque, une escroquerie intellectuelle qui passe mal au sein de l’opinion. Au point que les associations professionnelles de football montent au créneau pour dénoncer cette forfaiture.
Dans un communiqué conjoint, publié le 31 mars dernier, l’ANFPG et l’AFG annoncent avoir saisi la commission de recours de la Fegafoot pour demander l’infirmation de cette candidature. Cette démarche va au moins prolonger les saisines déjà introduites par plusieurs organisations, relèvent les associations. Les footballeurs vont plus loin en rappelant que leur démarche s’inscrit « dans une période de gouvernance marquée par l’affaire Partrick Assoumou Eyi, ancien sélectionneur U-17 de la Fegafoot que la FIFA a sanctionné à vie après avoir retenu des agressions sexuelles répétées commises entre 2006 et 2021 sur plusieurs joueurs, dont la plupart étaient des mineurs.»
Or, soutenir aujourd’hui la candidature de Pierre Alain Mounguengui c’est accepter de banaliser l’inacceptable. « C’est accepter la volonté de tourner la page sans vérité, sans responsabilité et sans rupture » fustige les associations. Et de conclure, le football gabonais ne se relèvera ni par le silence, ni par les arrangements, ni par les apparences de régularité. Il se relèvera par le courage, par l’exigence éthique et par une rupture claire avec les défaillances du passé.
