Société

Gabon : la société civile se réveille et veut sa propre loi sur les ONG

C’est historique. Pour la première fois depuis 1962, les ONG gabonaises écrivent elles-mêmes la loi qui va les régir. Pendant deux jours, les 4 et 5 novembre 2026, les acteurs de la société civile gabonaise se retrouvent à la Maison des Acteurs Non Étatiques (MANE), au quartier Louis, à Libreville, pour examiner et enrichir l’avant-projet de loi portant création, organisation et fonctionnement des Organisations non gouvernementales (ONG) en République gabonaise.

Une étape importante dans la recherche d’un cadre juridique mieux adapté aux réalités et aux missions des organisations de la société civile. C’est le cœur du problème. Depuis 64 ans, les ONG gabonaises sont régies par la loi n° 35/62 du 10 décembre 1962.

Une loi obsolète, datant de l’indépendance, qui ne parle ni d’ONG, ni de société civile moderne, ni de financement, ni de transparence, ni de partenariat avec l’État. Une loi qui mettait tout le monde dans le même sac : association de quartier et grande ONG internationale.

À l’ouverture des travaux, Frédéric Mba Bibang, coordonnateur général du COP-RESOC, a rappelé l’importance de cette initiative, soulignant le rôle essentiel des ONG dans le développement à la base, la défense des droits humains, la protection de l’environnement, mais également dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la gouvernance participative.

Le coordonnateur général a notamment relevé les limites de cette loi de 1962, qui freine l’éclosion d’une société civile forte, crédible et professionnelle. L’organisation de cet atelier n’est pas anodine. C’est le Comité de pilotage pour la restructuration de la société civile gabonaise (COP-RESOC) qui a ouvert, ce mercredi 4 novembre 2026, cet atelier de validation technique et institutionnelle.

Le lieu : la MANE. Symbole fort. C’est la Maison des Acteurs Non Étatiques, construite justement pour que la société civile ait enfin un siège, une voix, une adresse. L’objectif est clair : procéder à un examen approfondi du texte afin de parvenir à une proposition consensuelle, représentative des préoccupations et des attentes des organisations concernées.

Pour les acteurs de la société civile, il ne s’agit plus que l’État impose une loi à la société civile. Il s’agit que la société civile propose une loi à l’État pour adoption. Cet avant-projet, s’il est validé, va révolutionner le secteur : la définition claire : qu’est-ce qu’une ONG au Gabon ? Quels critères ? Fini les associations fantômes, la transparence financière : d’où vient l’argent ? Comment il est utilisé ? Pour mettre fin aux soupçons de blanchiment et de financement occulte.

En un mot, il s’agit de passer d’une société civile de 1962, tolérée, à une société civile de 2026, structurée, partenaire et actrice de la Ve République. Les travaux se poursuivent jusqu’à ce jeudi 5 novembre. Le texte final sera ensuite transmis au Gouvernement et au Parlement. Une première victoire pour la MANE et le COP-RESOC.

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