Efforts de préservation de sa forêt : le Gabon reçoit enfin les premières retombées financières
Le Gabon ne protège plus sa forêt gratuitement. Il la monétise. Et c'est une première historique en Afrique. C'est l'information que vient de confirmer l'Agence Gabonaise pour le Développement de l'Économie Verte (AGADEV) dans un communiqué officiel.
La République Gabonaise, représentée par l’AGADEV, annonce la signature ce jour à Londres d’accords de cession de crédits carbone souverains avec SEFE-société internationale d’énergie détenue par le gouvernement allemand- pour un volume d’environ 6 millions de tonnes de CO2 éligibles CORSIA.
Par ce fait, le Gabon devient l’un des rares pays au monde, et le premier pays en Afrique, à monétiser la préservation de sa forêt. Pendant des années, le Gabon a été le poumon vert de l’Afrique, le pays qui absorbe le CO2 du monde entier tout en préservant 88% de son couvert forestier.
Attention, il ne s’agit pas de vendre la forêt. Le communiqué est très clair : « Le Gabon vend des unités de réduction d’émissions, non des terres ni des forêts : la propriété et la gestion du patrimoine forestier restent au Gabon. » Concrètement : Ce sont les compagnies aériennes du monde qui vont payer pour la forêt gabonaise. Ces crédits rémunèrent une performance environnementale unique rendue par le Gabon au reste du monde.
Avec ces accords, le Gabon devient le premier pays d’Afrique à commercialiser des crédits carbone issus de la préservation de sa forêt. Il faut noter que jusqu’ici, on ne payait que les pays qui détruisaient puis reboisaient. Le Gabon a imposé une nouvelle doctrine : il faut payer ceux qui n’ont jamais détruit.
C’est une victoire diplomatique de 10 ans de combat. Le Président de la République a tenu à réagir : « La forêt gabonaise est un bien commun que nous transmettons aux générations futures. En traitant avec des partenaires de premier rang, le Gabon fait entendre sa voix sur les marchés climatiques mondiaux. Nous continuerons à protéger cette forêt, comme nous l’avons toujours fait. », a rappelé M. Brice Clotaire Oligui Nguema.



