Politique

Crise au PDG : invité à quitter la tête du parti par Ali Bongo : Louembé s’en remet au prochain congrès

Réponse du berger à la bergère. Quelques jours après la sortie virulente d’Ali Bongo Ondimba, celui qui truste le poste de président du PDG a réagi. C’est une fin de non-recevoir claire et nette.

Alors qu’Ali Bongo, dans son adresse du 20 octobre, l’avait invité à quitter la tête du Parti Démocratique Gabonais et à organiser un congrès inclusif, Blaise Louembé refuse de céder. Pour l’actuel président du PDG, il est hors de question de se soumettre aux exigences de l’ancien Chef de l’État. Sa légitimité, dit-il, ne vient pas d’une nomination, mais du congrès.

Invité à rendre le fauteuil, Louembé renvoie la balle aux militants. Il dit s’en remettre à la décision du prochain congrès ordinaire, prévu du 27 au 29 novembre 2026.* C’est aux délégués venus de tout le pays, et non à une injonction venue de Paris, de décider qui doit diriger le parti.

En clair : « Je ne partirai que si le congrès me désavoue ». Une position qui enterre définitivement toute possibilité de retrait négocié avant le congrès. Pour Louembé, qui a pris les rênes du parti après le congrès extraordinaire du 30 janvier 2025 avec Angélique Ngoma comme Secrétaire Générale, Ali Bongo avait annoncé son retrait de la vie politique le 18 septembre 2024. Un retrait qu’Ali Bongo conteste aujourd’hui en disant avoir parlé sous contrainte.

Cette réponse accentue encore plus la fracture qui déchire le PDG depuis le coup d’État du 30 août 2023. D’un côté, le camp Ali Bongo / Ali Akbar Onanga Y’Obegue, qui revendique la légalité statutaire : Ali Bongo est toujours président depuis le congrès de décembre 2022, Onanga est Secrétaire Général. Pour eux, le congrès de Louembé est un « fait accompli » organisé par une « direction de fait ».

De l’autre, le camp Blaise Louembé / Angélique Ngoma, qui revendique la légitimité du terrain : ils font vivre le parti au quotidien, tiennent les conseils provinciaux, organisent le congrès de novembre. Pour eux, Ali Bongo appartient au passé.

En s’en remettant au congrès, Louembé joue son va-tout. S’il réussit son congrès de novembre, il pourra se prévaloir d’une légitimité militante pour clore le débat. S’il l’organise sans l’aile Bongo, il risque en revanche de voir son congrès contesté juridiquement et de voir le parti s’enfoncer dans le bicéphalisme, au risque même d’une suspension au regard de la nouvelle loi sur les partis politiques.

Le PDG se dirige droit vers deux congrès, deux légitimités, et une implosion annoncée.

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