Société

Radio Génération Nouvelle : trois ans de silence, un patrimoine en ruine et des travailleurs abandonnés

Il fut un temps où elle faisait vibrer le Gabon. Ses jingles, ses voix, ses débats. Radio Génération Nouvelle – RGN – ce n’était pas qu’une fréquence sur la bande FM. C’était un morceau du patrimoine médiatique gabonais. C’était une école. Une histoire.

Aujourd’hui, il ne reste que le silence. Et des ruines. Depuis trois ans, plus rien. Le 101.5 ou le 93.5, selon les quartiers, ne renvoie qu’un grésillement. La station est en panne. Officiellement en panne. Officieusement à l’abandon.

Sur place, le spectacle est désolant. Les locaux se détériorent à vue d’œil. Toitures percées, équipements obsolètes et poussiéreux, studios qui ont perdu leur âme. Ce qui était autrefois un temple de la radio libre gabonaise ressemble aujourd’hui à un bâtiment fantôme, livré aux intempéries et à l’oubli.

Pendant que les locaux se détériorent, les interrogations s’accumulent. Qui est responsable de cette agonie ? Qu’est devenu le matériel ? Où sont passés les projets de relance maintes fois annoncés ? Pendant que les années passent, les attentes des travailleurs demeurent.

Car derrière la fréquence disparue, il y a des hommes et des femmes. Des journalistes, des animateurs, des techniciens, des agents qui ont donné 10, 15, 20 ans de leur vie à bâtir cette radio. Aujourd’hui, ils sont dans l’attente. L’attente de leurs salaires. L’attente d’une clarification. L’attente d’un mot, d’une décision.

Trois ans de silence radiophonique. Des locaux en ruines. Des agents dans l’attente de leurs salaires. Combien de temps encore faudra-t-il attendre avant que des décisions concrètes soient prises ? Aucune réponse définitive ne semble, selon les éléments rapportés, avoir mis fin à cette situation. Ni de la direction, ni de la tutelle. Un silence assourdissant qui répond au silence des ondes.

Radio Génération Nouvelle ne peut pas être réduite à une fréquence disparue et à des bâtiments abandonnés. Derrière cette radio, il y a une histoire, des carrières et des travailleurs dont les revendications méritent d’être entendues. On a longtemps cru que l’urgence était de réparer l’émetteur. De remettre la radio sur les ondes.

Aujourd’hui, l’urgence est ailleurs. Elle est humaine et morale. L’urgence est d’apporter des réponses aux agents, de payer ce qui leur est dû, de clarifier les responsabilités et de mettre fin à une situation qui s’enlise depuis trop longtemps.

On ne peut pas laisser mourir ainsi un pan de l’histoire de la presse gabonaise. On ne peut pas laisser des pères et des mères de famille dans une précarité qui dure depuis trois ans, au nom d’un silence administratif.

Le Gabon de la 5e République a promis de restaurer la dignité du travailleur. Cette promesse doit aussi valoir pour ceux de Génération Nouvelle. À Radio Génération Nouvelle, les ondes se sont tues. Mais les questions, elles, restent entières. Et les travailleurs attendent toujours des réponses.

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