Déclaration de Franceville : les maires du Gabon exigent enfin la vraie décentralisation
Franceville - C'est historique. Réunis dans la capitale du Haut-Ogooué, les Maires du Gabon viennent de parler d'une seule voix. Et leur message est clair, sans détour, presque une sommation. La décentralisation doit être réelle pour une meilleure action des élus sur le terrain.
À travers la Déclaration de Franceville, ils réaffirment leur volonté de sortir du théâtre et de passer enfin d’une décentralisation de principe à une décentralisation concrète.
Pendant trop longtemps, la décentralisation au Gabon n’a été qu’un mot dans la Constitution. Un principe qu’on récite lors des discours, mais que les communes ne vivent jamais au quotidien. Des mairies sans moyens, sans compétences réelles, condamnées à quémander à Libreville pour boucher un trou, construire une salle de classe ou ramasser les ordures.
Cette époque doit s’achever. La Déclaration de Franceville pose trois exigences non négociables :
Le transfert effectif des compétences. Que l’État transfère réellement ce que la loi prévoit déjà : l’état-civil de proximité, l’urbanisme, la voirie communale, les marchés, la gestion des écoles pré-primaires et primaires. Plus de compétences partagées à moitié.
L’autonomie réelle des Communes. Des communes qui décident, qui planifient, qui exécutent. Pas des sous-préfectures déguisées qui attendent l’aval du gouverneur pour chaque action.
La mise à disposition des ressources nécessaires. C’est le nerf de la guerre. On ne peut pas donner des responsabilités sans donner l’argent qui va avec. Les maires réclament le transfert concomitant et intégral des ressources financières, humaines et matérielles. Finie la décentralisation sans les sous.
L’ambition affichée est grande et elle épouse parfaitement la vision du Président Brice Clotaire Oligui Nguema. Faire des Communes des acteurs majeurs du développement local et des partenaires pleinement responsables de la construction du Gabon de la 5ᵉ République.
On ne construira pas le Gabon nouveau depuis les seuls bureaux de Libreville. Il se construira à Franceville, à Port-Gentil, à Oyem, à Mouila, à Tchibanga, à Makokou et dans les 52 communes du pays. C’est là, au plus près du citoyen, que se joue la bataille de l’eau, de l’école, de la route, de la propreté.
C’est le sens profond de cette Déclaration. De Franceville doit partir un nouvel élan pour des Communes plus fortes, plus autonomes et plus proches des citoyens. Un élan que les Gabonais attendent depuis 30 ans. Cette fois, les maires ne demandent plus. Ils s’engagent. Et ils demandent à l’État de tenir enfin sa promesse : faire confiance aux territoires.



