Société

Perturbations des unités EDAN : la SEEG évoque un sabotage et annonce des compensations

Dans une déclaration télévisée, l’administrateur directeur général de la Société d’énergie et d’eau du Gabon, Steeve Saurel Legnongo, a présenté les excuses de l’entreprise, garanti qu’aucun client ne perdrait son argent et annoncé la saisine de la justice.

Libreville. Depuis le 15 juin, l’achat des unités d’électricité prépayée EDAN connaît de fortes perturbations à travers le pays. Foyers plongés dans l’obscurité, commerces à l’arrêt, familles privées d’un service essentiel à leur quotidien : l’incident a nourri l’exaspération des abonnés. Face à la montée du mécontentement, le directeur général de la SEEG est sorti du silence à l’occasion d’une déclaration télévisée, mêlant excuses, mesures de réparation et révélations sur l’origine de la panne.

D’emblée, Steeve Saurel Legnongo a choisi le registre de la responsabilité. « Je veux d’abord vous présenter, au nom de la SEEG, nos excuses les plus sincères », a-t-il déclaré, en inscrivant son propos dans la priorité affichée par le chef de l’État, qui a érigé l’accès de tous à l’eau et à l’électricité en cause nationale. Le responsable a assuré que l’accès aux unités EDAN fonctionnait de nouveau au moment de sa prise de parole, les équipes techniques restant mobilisées « jour et nuit » pour fiabiliser le service.

« Aucun client ne perdra son argent »

Au-delà des excuses, la direction générale a détaillé une série de mesures destinées à rassurer les usagers. Le principe est posé sans ambiguïté :

« Aucun client ne perdra ce qu’il a payé. Toute transaction débitée sans que les unités aient été reçues sera intégralement restituée, sans démarche compliquée. »

La SEEG a par ailleurs annoncé l’octroi, dans les prochains jours, de compensations à ses abonnés. « Ce n’est pas une faveur : c’est notre manière de reconnaître ce que vous avez enduré et de regagner, par des actes, la confiance que vous nous accordez », a insisté le directeur général.

La thèse du sabotage

C’est toutefois sur l’origine de l’incident que la déclaration a marqué une rupture. Selon le directeur général, les premières investigations approfondies écartent l’hypothèse d’un simple dysfonctionnement. Des indices techniques sérieux feraient apparaître « des actes de malveillance assimilables à un sabotage », ayant affecté une partie des systèmes informatiques de l’entreprise. « Je le dis avec gravité : cela est inacceptable », a martelé Steeve Saurel Legnongo.

Le responsable a rappelé l’ampleur de l’effort public consenti en faveur de la société : l’État en est devenu l’actionnaire de référence, a fait déployer de nouvelles centrales pour renforcer la production et est intervenu ces dernières semaines en mobilisant des moyens financiers exceptionnels pour sécuriser l’approvisionnement en électricité — un effort, a-t-il souligné, que « des individus ont choisi de saboter ».

« Les responsables répondront de leurs actes »

Face à la gravité des faits, la SEEG dit avoir pris des décisions fermes. L’entreprise a saisi la justice et déposé plainte ; ses investigations internes auraient permis de réunir des éléments précis, intégralement transmis aux autorités compétentes. « Les responsables de cet incident répondront de leurs actes devant la loi », a prévenu le directeur général, écartant toute complaisance :

« La SEEG ne couvrira aucun acte de sabotage, aucune faute grave, aucune manœuvre destinée à nuire au service public ou aux efforts engagés pour redresser l’entreprise. »

Vers une résilience renforcée

Lucide sur la durée de l’interruption, la direction a annoncé un renforcement en profondeur de la résilience de ses systèmes, afin de préserver le service rendu aux abonnés même en cas d’incident. « Cela doit cesser. Et cela cessera », a affirmé le directeur général. En conclusion, il a replacé le débat sur le terrain des droits : « L’eau et l’électricité ne sont pas des privilèges : ce sont vos droits. » Une promesse que les usagers, échaudés par des semaines de tension, attendent désormais de voir traduite dans les faits.

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