Non classé

Setrag : climat social explosif, les syndicats appellent à l’intervention urgente du Chef de l’Etat

Le Transgabonais roule encore sur un rail. Mais son climat social, lui, est en train de dérailler. Alors que la direction générale  communique à grand renfort sur les médailles de Saint-Eloi et des conventions RSE, en interne c’est l’implosion. Les montent au front et pointent du doigt une même cible : l’incompétence managériale du Directeur Général, Christian Magni.

L’actuel directeur général de la Setrag est accusé de tenter de caporaliser les syndicats et de tuer dans l’oeuf toutes formes de revendications. Il n’en est pas question rétorque le bureau de la Fetrag-Setrag. Dans une récente communication, le syndicat dénonce les agissements de la direction des ressources-humaines:  »

« Depuis la création du syndicat Fetrag-Setrag, la Direction des ressources humaines semble éprouver des difficultés à composer avec une nouvelle réalité : celle d’un syndicalisme indépendant, qui maîtrise les textes et refuse de considérer les décisions de l’employeur comme incontestables. » Traduction : Pendant longtemps, la SETRAG était habituée à un syndicalisme peu conflictuel. Avec Fetrag-Setrag, ce sont des représentants qui exigent le respect strict du Code du travail et dénoncent les pratiques contraires aux libertés syndicales.

Et ça, la Direction de Christian Magni ne le supporte pas. Au lieu du dialogue, la réponse a été : la multiplication des demandes d’explications et  des convocations à des entretiens préalables visant directement des dirigeants syndicaux pour des activités relevant de leurs mandats. Inacceptable !

Le syndicat s’inquiète également, et c’est gravissime, du sort des travailleurs mis à disposition par Segas Rail, Hsd, Stvb et Humanis, dont certains exerceraient depuis plus de dix ans sans perspective d’intégration à la Setrag. Dix ans ! Dix ans à faire le travail d’un cheminot, à prendre les mêmes risques sur la voie, mais avec un statut de prestataire précaire, sans les avantages SETRAG, sans sécurité de l’emploi. C’est de l’exploitation pure. Sous Christian Magni, la SETRAG a institutionnalisé une sous-classe de travailleurs jetables. Où est sa fameuse politique de « nationalisation des emplois » vantée à Saint-Eloi ?, s’interroge le bureau de la Fetrag-Setrag.

Autre sujet majeur qui fait hurler les syndicats : la gabonisation des postes de responsabilité. Selon les chiffres avancés par les délégués, qui sont un cinglant désaveu de la politique de Magni : Sur 51 postes d’encadrement, 20 seraient occupés par des expatriés.  Au niveau des directions et du secrétariat général, cette proportion atteindrait 9 postes sur 16.

Près de  40 % de l’encadrement et plus de 56 %  du top management sont aux mains d’expatriés. Ce, dans une entreprise qui existe depuis 40 ans et qui est détenue à 40 %  par l’État gabonais via la SOGAFER.

A cette réalité, s’ajoute des griefs portant sur  les disparités dans le traitement entre salariés faisant le même travail, l’absence à ce jour d’organigramme actualisé; les agents ne savent plus qui est le vrai chef, peste un délégué du personnel. En plus des retards de plusieurs années dans la délivrance des fiches de poste. Comment évaluer un travailleur qui n’a pas de fiche de poste depuis 3 ans ? C’est de l’amateurisme managérial se désolent les travailleurs.

Et cerise sur le gâteau, le rapport social annuel, une obligation légale au coeur du dialogue social n’est toujours pas présenté.  Comment voulez-vous avoir un dialogue social  sain quand la direction refuse de donner des chiffres de base sur l’emploi, les salaires, les formations… C’est l’opacité totale.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page