Crise au PDG : Julien Nkoghe Bekalé appelle le directoire du PDG à répondre favorablement à la main tendue d’Ali Bongo
Coup de tonnerre au Parti Démocratique Gabonais. Alors qu’une réunion du Comité Permanent et du Bureau Politique a été convoquée ce jeudi 22 octobre 2026, l’ancien Premier Ministre Julien Nkoghe Bekale, membre du Comité Permanent du Bureau Politique du PDG, a pris la parole. Absent du territoire, il a adressé une longue déclaration à ses camarades.
Et sa position est claire : il faut saisir la main tendue par Ali Bongo Ondimba et aller vers un congrès inclusif. Le mardi 20 octobre dernier, Ali Bongo Ondimba s’était adressé aux militants du PDG. Une adresse qui a secoué le parti. Pour Julien Nkoghe Bekale, l’essentiel est à retenir : un appel au dialogue, une méthode en trois temps pour sortir de la crise, et l’engagement de s’en remettre au choix souverain des militants à l’issue d’un congrès inclusif.
« Cette proposition peut être discutée, amendée, enrichie. Elle ne peut pas être ignorée. Quand une main est tendue publiquement, devant le parti et devant le pays, on ne la laisse pas dans le vide. », lance l’ex premier Ministre. Face à ceux qui lui reprochent d’être resté dans les instances dirigeantes du parti depuis la crise du 7 mars 2024*, l’ancien chef du gouvernement s’explique : « Ce n’était pas une adhésion à la division, mais un pari : « préserver, de l’intérieur, la possibilité d’un rassemblement. J’ai voulu être de ceux qui gardent la porte ouverte, en attendant le jour où elle pourrait enfin servir. Ce jour est arrivé. »
C’est le passage le plus fort de sa déclaration. Il s’adresse à ceux avec qui il siège aujourd’hui, à la tête du parti : « Répondre à un appel n’est pas capituler. S’asseoir à une même table n’est pas abdiquer. Le dialogue n’est la défaite de personne ; c’est le refus du dialogue qui nous condamne tous. »
Il dresse un constat lucide : depuis plus de deux ans, la place du PDG dans la vie publique n’a cessé de se réduire. Les militants se découragent, s’interrogent et s’en vont. Chaque mois de division profite à ceux qui veulent voir le PDG affaibli.
Pour ne pas rater ce moment, Julien Nkoghe Bekale propose une feuille de route précise :
Un cadre de concertation immédiat : Que chaque partie désigne sans délai ses représentants, sans préalable.
Une trêve : Que de part et d’autre, soit suspendue toute initiative unilatérale pendant la durée des échanges.Les sages comme garants : Que les anciens et les sages du parti soient associés comme garants de la sincérité du processus.
À Ali Bongo et à ceux qui portent son initiative, il demande que la main tendue reste « ouverte, patiente et sans humiliation pour quiconque ». À la base militante, il demande « le calme et la hauteur. Pas d’invectives, pas de procès en trahison. »
Il conclut par une phrase qui restera : « L’histoire retiendra non pas qui avait raison le 7 mars 2024, mais qui a su, en octobre 2026, saisir la chance du rassemblement. Le moment est venu. Il ne se représentera peut-être pas. » Le PDG est à la croisée des chemins. Entre deux légitimités, Julien Nkoghe Bekale choisit le dialogue. Et il propose que tout le monde se retrouve autour de la même table pour un congrès de la dernière chance.



