Société

Bongolo : quand la gestion de l’hôpital de l’Alliance chrétienne attise les tensions  ( Suite et pas fin )

La situation qui prévaudrait actuellement autour de l’hôpital de Bongolo, dans la commune de Lébamba, province de la Ngounié, interpellerait plus d’un observateur.  Selon plusieurs sources concordantes, une vive tension serait née de la succession à la Direction des Affaires Financières (DAF) de l’établissement. Le révérend Benjamin Kombo, nommé il y a environ un an, aurait été suspendu de ses fonctions à la suite du dernier synode de l’Église de l’Alliance Chrétienne et Missionnaire du Gabon (EACMG).

Son installation, puis sa mise à l’écart, susciteraient aujourd’hui de vives interrogations au sein des populations locales.

Des griefs aux allures de règlements de comptes

Plusieurs motifs expliqueraient cette mise à l’écart. Le nouveau DAF aurait, dit-on, imposé une nouvelle vision de travail, ce qui n’aurait pas été du goût de certains, habitués à d’autres pratiques. Il se murmure que sa rigueur à examiner certains contrats qualifiés de léonins, passés par son prédécesseur avec des opérateurs économiques locaux, dérangerait.

Des autorités locales se seraient même rapprochées de lui pour solliciter des fonds, arguant qu’il s’agirait d’une pratique courante sous l’ancienne administration.  Refus catégorique de l’intéressé, ce qui n’aurait pas manqué de créer des remous.

D’autres griefs porteraient sur la politique de recrutement et d’admission à l’école des Métiers de Bongolo. Il se raconte que le concours serait vicié pour ne retenir que des étudiants issus d’une seule province, au détriment des natifs de la région synodale de Lébamba, Mbigou, Malinga, Nzenzele et Mimongo. Une stratégie de remplacement qui passerait mal.

Des accusations de malversations encore non documentées

Au-delà des nominations, des témoignages feraient état de difficultés financières et administratives qu’aurait connues l’établissement. Des accusations de malversations financières et d’appropriation irrégulière de certaines infrastructures seraient évoquées. Ces allégations, particulièrement graves, demanderaient toutefois à être confirmées par des documents, audits ou rapports officiels.

Des questions demeureraient en suspens : des audits auraient-ils été réalisés ? Des irrégularités auraient-elles été constatées ? Des procédures auraient-elles été engagées?

Un parallèle troublant avec la crise à l’Église Évangélique du Gabon

Ce qui se jouerait à Bongolo ne serait pas un cas isolé. Il ferait écho à la crise qui secouerait l’Église Évangélique du Gabon (EEG) depuis plusieurs années. Là aussi, les questions de gouvernance, de transparence financière et de contrôle du patrimoine seraient au cœur des tensions.

Des fidèles désabusés

Face à ces situations à répétition, une question tarauderait de plus en plus de fidèles : comment concilier les prêches du dimanche appelant à se détacher des biens de ce monde avec des pratiques de gestion où l’argent semblerait primer sur toute autre considération ?

Eux qui, à longueur de sermons, entendraient leurs pasteurs les exhorter à abandonner les choses de la terre, verraient dans ces conflits à répétition une contradiction difficile à avaler. Les régions synodales se divisent, et les fidèles, eux, sont pris en otage.

Le message de l’Évangile — unité, pardon, amour du prochain — serait piétiné par ceux-là mêmes qui prétendent le porter.

Un appel à la transparence

Si les faits rapportés demandent à être vérifiés, une chose paraîtrait acquise : l’hôpital de Bongolo, institution plus que centenaire respectée pour ses soins et son rôle dans la formation des personnels de santé, mériterait mieux que des querelles de personnes et des suspicions de détournements.

Les populations locales demandent des comptes sur la gouvernance, les recrutements et la place accordée aux compétences locales.Un audit financier indépendant et une mise sous tutelle courageuse seraient, pour certains, les seules issues possibles pour sortir de la crise.

Une chose est certaine : tant que la lumière ne sera pas faite sur ces accusations, la défiance continuera de gagner du terrain, et ce sont les fidèles et les patients qui en paient le prix fort.

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