Politique

« Aurélien Mintsa Mi Nguema paie son manque de discrétion » a tranché  Oligui Nguema : quand la discipline d’État passe avant le lien de sang

À l’occasion d’une visite de terrain, le Président Oligui Nguema a tranché : Aurélien Mintsa Mi Nguema paie son manque de discrétion. Nous sommes à Libreville, le jeudi 10 septembre 2026.  Comme s’est souvent le cas, le président de la République accompagné de plusieurs membres de son cabinet et de chefs de chantiers effectue une visite de terrain. Il inspecte les travaux du boulevard de la transition dans le deuxième arrondissement de la commune de Libreville.

Au milieu de cette visite une question lui est posée par le journaliste  Chamberlain Moukouama sur la récente éviction de son petit frère,  Aurélien Mintsa Mi Nguema de la Trésorerie générale de l’Union démocratique des bâtisseurs, le parti au pouvoir.    La réponse est sans détour : « il y a une discipline qu’il n’a pas respecté ». Ce n’est ni une cabale, ni un complot de palais. C’est, selon le Chef de l’État lui-même, une question de « discipline » et de « discrétion ». Deux vertus que l’actuel ambassadeur du Gabon en Inde a oublié en accordant une interview au journal panafricain Jeune Afrique.  De quoi agacer le Chef de l’Etat. Lequel ne supporte plus les turbulences d’un petit frère incontrôlable.

De la grâce du nom à l’ivresse du pouvoir

L’histoire commence comme une fable. Nommé quelques mois après le coup de libération d’août 2023, Aurélien Minsa Mi Nguema, magistrat financier à la Cour des comptes, est propulsé à la tête de la Direction Générale du Budget et des Finances Publiques. Un poste régalien, stratégique, convoité.

La presse, à l’époque, le présente déjà comme « le petit frère du Président de la Transition ». Le qualificatif fait mouche. Et très vite, il devient une étiquette, puis une arme.  Dans Jeune Afrique, le média va plus loin : il le décrit comme celui qui aurait eu « une forte influence dans les décisions au sommet de l’État ». Une phrase. Un aveu public d’ombre portée sur le pouvoir.

Le problème n’est pas d’être proche du Président. Le problème, c’est de le faire savoir. Et d’en jouer.  Or, en politique, le silence est une armure. Aurélien Minsa Mi Nguema l’a brisée.  Son interview, ses sorties, son agitation médiatique ont fini par lasser. Au gouvernement, on murmure qu’il ne supporte pas « de demeurer à sa place ». Dans les couloirs, on l’accuse de vouloir faire de l’ombre au Chef.  La goutte d’eau ? Cette prise de parole publique qui donne du grain à moudre à ceux qui veulent voir dans le régime un clan familial plutôt qu’un projet d’État.

Le message du Président, lors de sa visite de terrain, a donc été sans ambiguïté : ce limogeage est lié au manque de discrétion de son petit frère.  En diplomatie comme en politique, s’exprimer sans mandat, c’est trahir. Surtout quand on porte un nom qui pèse.

Faut-il y voir de la cruauté ? Ou de la lucidité ?  

Dans un contexte de refondation, où le Président martèle l’exigence de résultats et d’éthique, tolérer qu’un proche fasse cavalier seul serait un signal désastreux. Ce serait dire au pays que certains sont au-dessus des règles.  En limogeant son propre « frère », Brice Clotaire Oligui Nguema adresse deux messages :  À l’administration : nul n’est intouchable.  À l’opinion : l’intérêt de l’État prime sur les liens du sang.

En le rappelant à l’ordre publiquement, le Président fait un choix douloureux mais républicain. Il coupe court aux rumeurs de népotisme et réaffirme un principe : au sommet de l’État, on sert, on ne se sert pas. Et surtout, on se tait quand la République parle.   Une leçon brutale. Mais peut-être nécessaire pour crédibiliser la rupture promise.

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