
Une arrivée en fanfare, un départ en fond sonore. Renée Patricia Ku-Kumbe Ivugu n’a pas vu le coup venir. Celle qui était encore dans la matinée du vendredi 22 mai, la toute puissante directrice générale de Gab’Oil, a été limogée de ce poste alors qu’elle se croyait intouchable. Critiquée sur la gestion financière de la boite, accusée d’entretenir un climat délétère sur fond de règlement de comptes et de chasse aux sorcières, Ku-Kumbe Ivugu n’avait cure de toutes ces réprobations à son encontre.
Convaincue d’être dans les bonnes grâces du président de la République, l’ex directrice générale a ignoré les cris de ses collaborateurs, lesquels appelaient à redresser la barre, à corriger le tir avant qu’il ne soit trop tard. Rien n’y fit.
Pourtant au lendemain de sa nomination à la tête de la filiale de la Gabon Oil Company, plusieurs cadres avaient remis en cause ce « parachutage » car, estimant que Ku-Kumbe Ivugu n’avait pas l’étoffe, encore moins les capacités managériales de redresser une structure confrontée à une situation financière critique marquée par une dette abyssale atteignant 50 milliards de FCFA envers la SOGARA et une gouvernance opaque. En plus des dépenses extravagantes qui ont entraîné des suspensions et les limogeages de dirigeants en fin 2024.
L’évolution de la situation va très vite donnée raison aux critiques de la directrice générale sortante. Celle-ci va lancer une vaste opération de limogeage des directeurs qui refusaient de se plier à son dictat. Pire, l’on va assister à une curieuse campagne de communication mensongère sur le chiffre d’affaire de Gab’Oil. La direction générale va annoncer un bénéfice net positif de 6 milliards francs CFA. En clair : on serait passé de -3 milliards à +6 milliards. Soit un écart de 9 milliards en quelques semaines.
« Une prouesse financière qui relève plus de la mythomanie qu’à la réalité. Ce d’autant plus, que cette performance s’est faite sans annonce de restructuration majeure. Sans cession d’actifs spectaculaire. Sans recapitalisation publique annoncée. Sans entrée d’un investisseur stratégique. Ce n’est plus un redressement. C’est une résurrection. », commentait un cadre de la boite.
« Un bénéfice comptable n’est pas forcément de la trésorerie réelle. On peut afficher un résultat positif tout en étant tendu en cash. Présenter un BFR positif comme un progrès sans expliquer l’impact sur la trésorerie relève, au minimum, d’une simplification excessive. », dénonçait la même source.
En limogeant Ku-Kumbe Ivugu , le gouvernement a donc décidé de mettre fin à ce charivari managérial.



