Conseil des ministres : Yvon Guy Tchicot dégommé de la SGEPP, première tête à tomber après la crise du carburant
Ça n’a pas traîné. La crise du carburant qui a paralysé tout le pays la semaine dernière vient de faire sa première victime au sommet de l’État. À l’issue du Conseil des ministres qui s’est tenu, hier jeudi 15 octobre, Yvon Guy Donat Tchicot a été évincé de son poste de Directeur Général de la Société Gabonaise d’Entreposage des Produits Pétroliers (SGEPP).
Une éviction qui a tout l’air d’une sanction. Pendant près d’une semaine, le Gabon a tourné au ralenti. Stations-service prises d’assaut, longues files d’attente à Libreville, Port-Gentil, Franceville, intérieurs du pays à sec, transport en commun à l’arrêt. Le pays a vécu une pénurie de carburant inédite, d’une gravité qui a mis l’économie à genoux.
Au centre de toutes les critiques : la SGEPP. C’est elle qui est chargée de l’entreposage stratégique et de la sécurité des stocks pétroliers du pays. Quand les cuves sont vides, c’est tout le Gabon qui s’arrête.
Pour l’opinion publique et pour la Présidence, la responsabilité était toute trouvée. Mauvaise anticipation, gestion défaillante des stocks, rupture dans la chaîne logistique… Les justifications avancées par la direction n’ont visiblement pas convaincu.
Yvon Guy Tchicot sort, Patrick Michel Akoma Nzé entre. Un changement brutal qui envoie un message clair à toutes les administrations : la 5e République ne tolérera plus l’amateurisme sur les secteurs stratégiques.
Le nouveau DG qui occupait jusqu’ici le poste de directeur de exploitation à la SGEPP hérite d’une mission explosive : restaurer la confiance, sécuriser durablement les stocks et garantir que plus jamais un Gabonais ne fasse la queue pendant des heures pour 10 litres d’essence.
La crise du carburant a coûté son poste à Tchicot. La question est maintenant de savoir si d’autres têtes tomberont dans les prochains jours. Le ménage ne fait que commencer.



