Crise du carburant : le Chef de l’État instruit le gouvernement pour les études d’une nouvelle raffinerie
Le ton a changé. Fini les communiqués de gestion à court terme. Face à la pénurie de carburant qui a mis Libreville à genoux depuis plus d’une semaine, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a pris le dossier en main. Réuni en Conseil des Ministres hier, jeudi 8 octobre au Palais de la Présidence, le Chef de l’État a instruit le gouvernement d’accélérer sans délai la construction d’une nouvelle usine de raffinage. La souveraineté énergétique n’est plus une option, c’est un ordre.
En ouverture des travaux, le Président a tenu à entretenir lui-même le Conseil de la grave pénurie que la République Gabonaise vient de traverser. Il a dit avoir pris la pleine mesure des difficultés imposées aux populations comme aux opérateurs économiques.
Dès le mercredi 7 octobre, le Chef de l’État a réuni l’ensemble des acteurs du secteur pour exiger des solutions immédiates. Les résultats sont là : des navires sont désormais à quai et les livraisons aux stations-service ont repris. Le retour à la normale interviendra progressivement.
Mais le Président ne s’arrête pas à l’urgence. Il a instruit le Gouvernement d’assurer un suivi rigoureux et continu de la situation, jusqu’au rétablissement effectif et durable de l’approvisionnement sur l’ensemble du territoire national.
Analysant les causes, le Président a relevé que les perturbations dans le détroit d’Ormuz affectent la disponibilité et le prix des produits pétroliers sur les marchés internationaux, les fournisseurs privilégiant les destinations les plus rémunératrices.
Mais – et c’est là toute la lucidité du Chef de l’État – ces contraintes extérieures ne sauraient occulter les fragilités structurelles de notre dispositif national d’approvisionnement. Rappelant que la sécurité énergétique constitue une exigence de souveraineté, il a décidé de frapper fort.
Le Chef de l’État a instruit le Gouvernement de lui présenter, lors d’un prochain Conseil des Ministres, un programme reposant sur trois axes clairs :
*. La modernisation de la Société Gabonaise de Raffinage (SOGARA)
*. Le renforcement des stocks de sécurité en produits pétroliers
*. Le lancement sans délai des études préalables à la construction d’une nouvelle raffinerie
Et le Président insiste : ce programme devra comporter un calendrier d’exécution et un plan de financement réalistes. Soulignant le caractère d’urgence de la construction d’une nouvelle raffinerie, il a rappelé que l’État doit désormais anticiper les crises plutôt que de les subir.
C’est une révolution doctrinale. Le Gabon produit 11,1 millions de tonnes de brut mais ne raffine que 1,2 million. Cette dépendance à l’importation est terminée. Dans le même sens, le Président a invité le Gouvernement à engager une réflexion profonde sur les mécanismes visant à alléger, voire à supprimer à terme, la charge que fait peser sur l’État le mécanisme de stabilisation des prix à la pompe.
Ce mécanisme fait certes de la République Gabonaise le pays de la sous-région où les prix des produits blancs et du gaz butane sont les plus bas. Mais il prive l’État de ressources qui pourraient renforcer ses capacités d’investissement dans la santé, l’éducation et la lutte contre la pauvreté.
Enfin, saluant la patience et la discipline dont ont fait preuve les populations, le Chef de l’État a dénoncé la revente illicite de carburant à des prix exorbitants. Une pratique qui doit cesser immédiatement : nul ne saurait tirer profit de la détresse des populations.
Il a instruit le Ministre du Pétrole et du Gaz ainsi que les membres du Gouvernement concernés de faire agir sans délai les services de contrôle et de répression compétents. Il a également exigé le strict respect des règles de sécurité, notamment l’interdiction de vendre ou de transporter du carburant dans des récipients non homologués.
Le message est clair : on gère l’urgence d’aujourd’hui, mais on prépare la souveraineté de demain.



