Remaniement gouvernemental : Camélia Ntoutoume Leclercq emportée par le scandale des vacations des enseignants
La nouvelle est tombée hier, dimanche, comme un couperet. Au terme du remaniement ministériel très attendu, la toute-puissante Ministre d’État en charge de l’Éducation Nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, n’en fait plus partie. Elle est virée. Pour beaucoup, elle paie enfin le prix du scandale des 500 millions.
Depuis juin 2026, son fauteuil brûlait. De nombreuses voix, dans la société civile, dans les syndicats d’enseignants et même au sein de la majorité, avaient demandé sa démission. Mais l’élue de Ntoum, réputée intouchable, s’accrochait.
Tout a éclaté en juin 2026. Une enquête interne révèle ce qui sera l’un des plus gros scandales financiers de l’Éducation Nationale : un système bien huilé de surfacturation des primes de vacations des enseignants. Le mécanisme est simple et prédateur : les heures de vacation effectuées par les enseignants sur le terrain étaient gonflées à la facturation au niveau central. La différence ? Détournée.
Au cœur du système : l’ancien Directeur du Contrôle Administratif et Financier de son ministère, déjà interpellé. Préjudice pour l’État : plus de 500 millions de FCFA. De l’argent qui devait payer les enseignants qui travaillent sous la pluie, dans des classes surchargées.
Et la question qui a fâché Libreville : Comment la Ministre d’État, toute-puissante patronne du département, pouvait-elle ne pas savoir ? Pour ses détracteurs, impossible. « Elle ne pouvait pas ne pas savoir », martelait alors un leader syndical.
Fragilisée, Camélia Ntoutoume Leclercq va tenter de se défendre. Elle plaide la bonne foi, dénonce des cadres véreux qui auraient agi dans son dos. Mais le mal était fait. L’image d’une Éducation Nationale gérée comme une caisse noire, où l’on vole les primes des enseignants pendant que les écoles manquent de craie, était insupportable pour l’opinion.
Dans la capitale politique de Ntoum, son fief, on faisait grise mine. L’élue, qui misait sur un ancrage local fort, apparaissait désormais comme le symbole d’une gestion à l’ancienne, incompatible avec la rigueur prônée par la Ve République.
Ses jours au gouvernement étaient désormais comptés. En l’évinçant hier dimanche, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema envoie trois messages très clairs : Personne n’est intouchable. Même pas une ministre d’État, même pas une élue au poids politique lourd. La tolérance zéro pour les malversations financières est réelle.L’instruction du Chef de l’État est constante : l’argent de l’école doit aller à l’école. L’Éducation Nationale est une priorité trop sérieuse pour être fragilisée par des scandales.
La chute de Camélia Ntoutoume Leclercq n’est pas qu’un simple remaniement. C’est une épuration morale. Elle marque la fin d’un système où l’impunité était la règle. Reste à savoir si la justice ira jusqu’au bout pour récupérer les 500 millions et sanctionner l’ensemble de la chaîne. Le départ du gouvernement n’est que la première étape.



