Société

La Commission du dialogue social dans l’immobilisme : le collectif SOS Pétrolier donne un ultimatum au gouvernement pour agir

Après 3 ans d’attente, le *Collectif SOS Pétrolier du Gabon* a décidé de hausser le ton. Dans une sortie publique ce *7 août 2026*, les travailleurs du secteur ont mis en demeure la *Commission du dialogue social* et demandé l’ouverture d’un dialogue dans les plus brefs délais. *Ultimatum fixé au 15 août 2026.

Tout est parti de  l’arrêté n°24 du 16 avril 2024. Le Président de la République avait alors mis en place une Commission pour le dialogue social dans le secteur des hydrocarbures.  Objectif : organiser des échanges entre l’Etat, les entreprises et les syndicats pour régler les contentieux sur l’arrimage des salaires.
Trois ans plus tard, le constat de SOS Pétrolier est sans appel :  » aucun résultat concret. Aucune avancée ».  Selon le collectif, les procès-verbaux issus des travaux auraient été déposés auprès du Vice-Premier ministre, mais n’ont jamais été publiés.  « Une commission placée sous l’autorité du Président de la République qui incarne son autorité personnelle ne peut pas afficher une telle faiblesse face aux sociétés pétrolières », s’indignent les travailleurs.
 » ASSALA, SYMBOLE DU « MÉPRIS DES LOIS »
Pour le collectif, l’inaction de la Commission se voit sur le terrain. Exemple cité :  la société nationale Assala.  Alors que le Chef de l’Etat avait annoncé le 18 mars 2024 à Port-Gentil la fin du système de prestation pour privilégier l’embauche directe des Gabonais, la société lancerait encore des appels d’offres de prestataires.  « Assala, société gabonaise, devait être un modèle. Or, c’est cette société qui à ce jour refuse de se  soumettre à la loi gabonaise, et ce, sous les yeux de la Commission »*, dénonce SOS Pétrolier.
Pour le collectif, cette nonchalance profite directement aux opérateurs, au détriment des employés.   Pendant que la Commission « tardait », la situation s’est dégradée.   Le collectif pointe du doigt les licenciements qui se multiplient  et les conditions de travail de plus en plus précaires dans un secteur qui pèse pourtant 60% de l’économie national*.
 SOS Pétrolier rappelle aussi le drame de Becoura.
Cinq familles seraient encore en deuil et, selon le Collectif, n’auraient « jamais rien reçu de la part de l’Etat gabonais* à ce jour.  Face à ce qu’il qualifie d’abandon, le Collectif SOS Pétrolier donne donc un délai au gouvernement.  Le 15 août 2026 : date butoir pour l’ouverture effective d’un dialogue et des réponses concrètes.
Un avertissement clair. Dans un secteur stratégique, le ras-le-bol des travailleurs pourrait ne plus attendre.

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