Société

Violences sexuelles et vulnérabilité des enfants : l’Association Dynamique de Magnang et son partenaire Maurel & Prom abordent un sujet tabou dans une société hypocrite

Le goûter géant qui a mis à nu les hypocrisies d’une société trop souvent silencieuse, face aux violences sexuelles. À première vue, il ne s’agissait que d’une journée récréative de fin d’année scolaire. Des enfants qui chantent. Des gâteaux distribués. Du bissap servi sous les applaudissements. Des kits offerts aux élèves. Une scène banale. Presque ordinaire.

Mais derrière les sourires des 400 élèves de l’École publique de Magnang, l’Association Dynamique de Magnang (DYMA) et son partenaire Maurel & Prom ont mis le doigt sur une plaie que beaucoup préfèrent recouvrir d’un épais manteau de silence : l’échec collectif face aux violences sexuelles et à la vulnérabilité des enfants.

Car pendant que les adultes débattent, justifient, relativisent ou détournent le regard, les sessions criminelles continuent de défiler avec leur lot de dossiers sordides. Des fillettes agressées. Des garçons abusés. Des enfances détruites. Des traumatismes irréversibles. Et, trop souvent, des familles qui choisissent le silence plutôt que la vérité.

Le silence : le meilleur allié des agresseurs

Dans de nombreuses communautés, un phénomène inquiétant s’est installé. On s’indigne lorsque le drame touche le voisin. On se tait lorsqu’il frappe à sa propre porte. On réclame la justice dans les discours. On négocie dans les coulisses. On prétend protéger la famille. On abandonne la victime.

C’est cette mécanique implacable qui permet encore aujourd’hui à certains prédateurs de continuer à évoluer au milieu de leurs victimes sans être inquiétés. Le véritable scandale n’est pas seulement l’existence des violences sexuelles. Le véritable scandale est parfois l’indifférence qui les accompagne. Une indifférence devenue si banale qu’elle finit par ressembler à une forme de complicité morale.

Maurel & Prom et la DYMA : agir pendant que d’autres parlent

Dans ce contexte, le partenariat entre Maurel & Prom et la DYMA prend une signification particulière. Parce qu’il ne s’est pas limité à une photographie officielle ou à une opération de visibilité. Il a permis d’agir concrètement. Grâce à cet accompagnement, près de 400 élèves ont bénéficié de kits composés de friandises, de gâteaux, de brosses à dents, de lait caillé et de bissap préparés par les femmes de la DYMA.

Un travail réalisé au prix d’efforts considérables. Pendant que certains multiplient les discours sur la solidarité, les femmes de la DYMA ont, elles, choisi l’action. Elles se sont mobilisées. Elles ont travaillé. Elles ont partagé le peu qu’elles avaient afin que les enfants repartent avec le sentiment de compter aux yeux de leur communauté.

La pauvreté ne doit jamais devenir une condamnation

L’autre réalité dénoncée au cours de cette journée concerne la précarité menstruelle. Une expression technocratique pour désigner une injustice brutale. Celle de jeunes filles contraintes de vivre leurs menstruations dans la gêne, parfois dans l’humiliation, faute de protections adaptées.

Dans certaines familles, acheter des serviettes hygiéniques relève encore du parcours du combattant. Pour beaucoup de jeunes filles, cette souffrance reste invisible parce qu’elle est vécue dans le silence. La DYMA a donc choisi de distribuer des serviettes hygiéniques aux élèves concernées afin d’apporter une réponse concrète à un problème que trop de responsables préfèrent ignorer. Car une société qui ne peut garantir à ses filles l’accès à des protections de base ne peut prétendre défendre pleinement leur dignité.

Une alerte qui dérange

Ce que la DYMA a fait à Magnang dérange précisément parce que cela oblige chacun à regarder la réalité en face. La réalité des violences sexuelles. La réalité de la précarité. La réalité du silence. La réalité de l’abandon de certaines victimes. La réalité de l’hypocrisie collective qui consiste à condamner publiquement ce que l’on tolère parfois discrètement. Pendant quelques heures, les enfants ont reçu des cadeaux. Mais le véritable cadeau de cette journée est ailleurs. C’est le courage d’avoir parlé là où d’autres se taisent. C’est le courage d’avoir sensibilisé là où d’autres détournent le regard.

C’est le courage d’avoir rappelé que les enfants ne sont pas seulement l’avenir de la nation dans les discours officiels ; ils sont surtout sa responsabilité immédiate. Et tant que les violences sexuelles continueront d’occuper une place aussi préoccupante dans les prétoires, tant que certaines victimes seront sacrifiées sur l’autel des arrangements et du silence, chaque action de sensibilisation comme celle menée par la DYMA avec l’appui de Maurel & Prom restera moins une célébration qu’un rappel sévère de ce que la société refuse encore trop souvent d’affronter.

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