Politique

Chen Sylvestre Mezui M’Obiang : le grand spectacle de la visibilité, ou l’art de gouverner sans résultats visibles

Il y a des maires qui construisent. Et il y a ceux qui racontent qu’ils construisent. À Oyem, Chen Sylvestre Mezui M’Obiang semble, pour l’instant, avoir fait un choix clair : occuper l’espace médiatique avec une intensité remarquable… pendant que les réalisations concrètes, elles, se font attendre.

Depuis son installation à la tête de la commune le 28 novembre 2025, l’édile s’est mué en véritable “produit numérique”. Publications à répétition, mise en scène de ses activités, omniprésence sur les réseaux sociaux : tout est pensé, calibré, diffusé. Une communication millimétrée qui donne le sentiment d’un exécutif municipal en pleine effervescence.

Mais à force de communiquer, on finit par se poser une question simple, brutale, presque gênante : où sont les résultats ? Car dans les faits, selon plusieurs sources locales et proches du dossier, la fameuse feuille de route du maire peine à se matérialiser sur le terrain. « Beaucoup d’annonces, peu de concrétisation », résume un observateur averti. Une formule lapidaire qui résume le malaise grandissant d’une partie de la population.

À Oyem, les attentes sont pourtant connues, claires, et surtout urgentes : voiries dégradées, défis d’assainissement, infrastructures publiques en attente de modernisation, services urbains à améliorer. Autant de chantiers qui nécessitent plus que des publications Facebook ou des vidéos bien montées.

Mais voilà : dans cette nouvelle ère politique, la perception semble parfois prendre le pas sur la réalité. Et l’image devient un substitut commode à l’action. Le maire, lui, a su construire une figure. Celle d’un homme proche, accessible, presque bienveillant. Son surnom de « Père Noël » circule dans les conversations, renforcé par une image de générosité et de proximité entretenue avec soin. Une communication qui humanise, rassure… et détourne l’attention ?

Car pendant que l’image s’impose, la réalité, elle, reste silencieuse. Trop silencieuse. Certains y voient une stratégie. D’autres, plus critiques, y voient un décalage inquiétant entre les promesses et l’exécution. Et au fond, une question dérangeante s’impose : gouverne-t-on pour améliorer la vie des citoyens… ou pour alimenter une vitrine numérique ?

À ce stade, le constat est implacable : la popularité digitale ne fait pas une politique publique efficace. Et les likes ne remplacent ni le bitume, ni les lampadaires, ni les services de base. Le plus préoccupant n’est peut-être pas ce qui est fait… mais ce qui ne l’est pas encore. Car à force de vouloir exister dans les écrans, certains dirigeants finissent par disparaître dans le réel. Et à Oyem, une évidence s’impose de plus en plus clairement : les citoyens n’attendent pas un maire influenceur. Ils attendent un maire bâtisseur.

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