Ondo Ossa sur NCA : quand l’opposition se transforme en machine à invectives sans projet
Invité le 24 février sur Nouvelle chaîne africaine (NCA), dans l’émission Notre Invité, le professeur Albert Ondo Ossa s’est une nouvelle fois livré à son exercice favori : la démolition verbale méthodique du régime d’Oligui Nguema, à coups de formules assassines, de procès d’intention et de verdicts politiques expéditifs.

Une performance oratoire certes spectaculaire, mais politiquement de plus en plus creuse. Car derrière la posture martiale, le projet reste désespérément absent.
L’indignation comme programme politique : une stratégie de saturation
Chez Ondo Ossa, la critique n’est plus un outil démocratique : c’est devenu un réflexe pavlovien. Tout est dérive. Tout est scandale. Tout est dictature. Tout est illégalité.
Le pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema respire : complot.
Il agit : manipulation. Il hésite :incompétence. Il décide : tyrannie. Une rhétorique d’attaque permanente, si mécanique qu’elle finit par ressembler à un disque rayé : bruyante, répétitive, prévisible. À force de hurler au loup à chaque lever de soleil, le berger finit par perdre toute crédibilité.
La politique ne se gagne pas à coups d’insultes savantes
Le problème n’est pas que le professeur critique. C’est son rôle. Le problème, c’est qu’il ne propose strictement rien de structuré en échange. Aucune vision économique claire. Aucune stratégie sociale cohérente. Aucune réforme institutionnelle sérieuse. Aucune architecture de gouvernance crédible. Rien. Le vide.
Seulement une succession de charges violentes, destinées à entretenir l’illusion de la radicalité, sans jamais assumer la lourde responsabilité de la construction politique.
De l’université au populisme : la dérive inquiétante
Ancien universitaire respecté, Ondo Ossa semblait promis à incarner une opposition intellectuelle de haut niveau. Mais au fil des mois, le ton s’est radicalisé, la posture s’est durcie, la réflexion s’est rétrécie.
Aujourd’hui, sa parole ressemble de plus en plus à celle d’un tribun sous tension permanente, incapable de nuance, prisonnier de sa propre colère. Or, le populisme d’opposition n’a jamais construit un pays. Il excite, il mobilise, il agite puis il s’effondre sous le poids de son propre vide.
Le pouvoir trébuche, l’opposition piétine
Oui, le régime d’Oligui Nguema accumule maladresses, lenteurs et contradictions. Oui, la fameuse « vision présidentielle » peine à produire des résultats tangibles. Oui, la transition déçoit.
Mais pendant que le pouvoir trébuche, l’opposition, elle, piétine. Elle crie. Elle accuse. Elle condamne. Mais elle ne construit rien. Et dans ce duel déséquilibré, le gouvernement garde paradoxalement l’avantage, car entre un régime maladroit qui agit et une opposition brillante qui vocifère sans plan, le peuple hésite.
À force de diaboliser, on finit par banaliser
Quand tout est dictature, plus rien ne l’est vraiment. Quand chaque décision est une catastrophe, le mot catastrophe se vide de son sens. L’exagération permanente dévalue la critique légitime. Résultat : même les vraies dérives finissent par être relativisées, noyées dans un flot continu de dénonciations excessives. C’est le suicide stratégique de l’opposition radicale.
L’opposant doit être une alternative, pas une sirène d’alarme hystérique
Le Gabon n’a pas besoin d’un procureur politique permanent. Il a besoin d’un bâtisseur d’espérance crédible. Critiquer sans proposer, c’est faire du bruit sans produire de sens. Dénoncer sans structurer, c’est fabriquer du chaos rhétorique. Or, une nation ne se gouverne pas à coups d’anathèmes.
La colère n’est pas un projet de société
En s’exprimant sur NCA, Ondo Ossa a une nouvelle fois démontré sa puissance verbale, mais aussi son inquiétant vide programmatique. À ce stade, son opposition ressemble moins à une alternative politique qu’à une protestation permanente sans horizon. Et pourtant, le Gabon a besoin d’une vraie opposition de gouvernement, pas d’un opposant professionnel de la colère.Car détruire est facile. Construire est difficile.
Et tant que l’opposition refusera d’entrer dans cette seconde dimension, le pouvoir, même imparfait, continuera de gouverner par défaut. Moralité politique : Quand l’opposition crie trop fort, ce n’est pas toujours parce que le pouvoir est sourd…
C’est parfois parce qu’elle n’a rien d’intelligent à proposer.



