Economie

Landry Amiang Washington, la magistrature gabonaise est une « corporation de corrompus »

Il ne juge pas. Il ne plaide pas. Il n’instruit pas. Mais il accuse. Fort. Vite. Et sans appel. Depuis son perchoir numérique baptisé LAW Galvanisateur, Landry Amiang Washington s’est autoproclamé procureur de la République parallèle version réseau social, sans code de procédure, sans contradictoire, et manifestement… sans preuves. Sa dernière cible ? Rien de moins que la magistrature gabonaise, qu’il rhabille d’un élégant costume de « corporation de corrompus ». Rien que ça.

Un non-lieu, et la machine à soupçon s’emballe

Tout part d’une décision de justice : un non-lieu accordé à Hervé Patrick Opiangah après seize mois d’instruction. Une décision légale, encadrée, rendue par des magistrats dont c’est précisément le métier de dire le droit même quand cela déplaît.

Mais dans le tribunal numérique de Landry Amiang Washington, le droit semble avoir été remplacé par une autre norme : celle de la suspicion automatique. Ici, un non-lieu n’est pas une insuffisance de charges. C’est forcément une manœuvre. Une « frappe ». Une combine. Un coup tordu. Et tant pis si aucun élément tangible ne vient étayer cette théorie. L’essentiel est ailleurs : faire du bruit, créer du doute, imposer un récit.

Chez Landry Amiang Washington, tout est excessif, donc tout devient suspect. Les magistrats ? Corrompus. Le parquet ? Complice. La décision judiciaire ? Forcément biaisée. C’est la stratégie du napalm verbal : on arrose large, on brûle tout, et dans les cendres, on espère trouver une vérité qui n’a jamais été démontrée. Mais à force de tirer dans toutes les directions, une question finit par s’imposer : où sont les preuves ? Car accuser une institution entière sans dossier, sans faits vérifiables, sans début de démonstration, ce n’est plus de la dénonciation. C’est de la mise en scène.

Influencer sans démontrer : la méthode

L’exercice est bien rodé. Il ne s’agit pas de convaincre par les faits, mais de saturer l’espace public : Répéter des accusations graves, installer l’idée d’un complot. Utiliser un vocabulaire codé « frappe », « système », « manœuvre ». Et laisser l’opinion conclure à votre place. C’est redoutablement efficace. Mais profondément dangereux. Car à ce jeu-là, la vérité devient accessoire. Et la justice, une simple variable dans un récit préfabriqué.

Qu’on critique la justice, soit. Qu’on questionne ses décisions, encore heureux. Mais qu’on jette en pâture une institution entière sans la moindre preuve, voilà qui relève d’un autre registre : celui de l’irresponsabilité assumée. Car enfin, accuser des magistrats de corruption n’est pas un slogan. C’est une charge pénale. Une accusation grave, qui exige des faits, des preuves, des éléments concrets. À défaut, cela porte un nom : la diffamation. Et cette fois, la riposte pourrait être judiciaire. Le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) a déjà prévenu : les attaques gratuites ne resteront plus sans suite.

Le paradoxe Landry : dénoncer sans démontrer

Le plus frappant dans cette affaire, c’est le paradoxe. Landry Amiang Washington se présente comme un pourfendeur des dérives. Mais en procédant sans preuve, il adopte exactement ce qu’il prétend combattre : l’arbitraire. Car au fond, quelle différence entre une justice que l’on accuse d’être biaisée sans preuve… et une accusation publique sans preuve ? Aucune. Sinon le décor.

Dans cette affaire, il y a beaucoup de bruit. Beaucoup de colère. Beaucoup de certitudes. Mais une chose manque cruellement : un dossier. Et en matière de justice, le vacarme n’a jamais remplacé la preuve. Pas plus que l’indignation n’a jamais tenu lieu d’argument. À force de crier au scandale sans démontrer le scandale, on finit par décrédibiliser la parole elle-même. Et à ce jeu dangereux, ce n’est pas seulement la justice qui vacille. C’est la vérité. Et elle, contrairement aux directs Facebook, ne se fabrique pas.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page