Fusion de REAGIR avec l’UDB : « Quand l’imposture s’érige en système politique »
François Ndong Obiang et ses soutiens ont organisé, le samedi dernier, un congrès de REAGIR ayant abouti à une décision de fusion-absorption de cette formation politique de l’opposition avec l’UDB, parti politique au pouvoir. La réaction de l’autre tendance de cette formation politique dirigée Michel Ongoundou-Loundah ne s’est pas faite attendre. Dans le communiqué parvenu à notre rédaction, l’ex sénateur de la Transition dénonce une mystification qui déshonore la pratique politique.
Le parti Réappropriation du Gabon, de son Indépendance pour sa Reconstruction, en abrégé REAGIR informe ses militants ainsi que l’Opinion qu’il observe, avec gravité mais sans surprise, les développements récents liés à l’annonce d’une prétendue fusion impliquant des individus se réclamant abusivement de son identité. C’est ici l’occasion de rappeler qu’en politique, le réel finit toujours par briser le miroir des illusions. Et comme l’enseigne une sagesse bien de chez nous : «Les traces de celui qui marche dans la boue finissent toujours par sécher au soleil. » Les événements du week-end dernier autour de notre parti politique ne sont donc pas un épiphénomène. Ils sont l’aboutissement d’une stratégie de falsification méthodique au confluent de l’opportunisme et de la vénalité. C’est pour cela que ce qui se joue aujourd’hui dépasse la simple querelle d’appareil : c’est un assaut frontal contre l’éthique publique et une insulte à la dignité de l’engagement militant.
I-L ’usurpation en trois actes
- François Ndong Obiang et ses affidés ont orchestré une mystification qui déshonore la pratique politique :
- Le naufrage administratif et pénal : exclus en novembre 2024 pour, entre, autres motifs, falsification de cachet, ils sont poursuivis pour faux et usage de faux. La justice est aujourd’hui saisie de cette contrefaçon de l’autorité.
2-Le sacrilège identitaire : En détournant un logo protégé par l’OAPI pour y substituer une « torche indigène » à la place du « i » dans l’acronyme REAGIR, le tout placé désormais au milieu d’une carte du Gabon — accessoire au symbolisme aussi flou que leur ligne politique — ils ont tenté de piller l’âme visuelle de notre mouvement. On ne bâtit pas un destin avec des logos volés.
Le vandalisme et la fuite : Après l’occupation illicite du siège du Parti pendant plus de dix (10) mois, sans honorer une seule échéance de loyer, ces « dirigeants » de circonstance ont pris la fuite en juillet 2025, emportant avec eux le mobilier, le matériel de bureau ainsi que…le chien de garde prêté par un cadre du Parti ! Ce pillage caractérisé a conduit à l’inculpation de MM. Bruno Ondo Mintsa, Fabrice Ekomo Ossazeh et Denard Ovono pour «violation de domicile, menaces et voies de fait ». La politique n’est pas un cambriolage, mais un sacerdoce.
- Du mercantilisme à la liquidation morale
La parodie de congrès du 28 mars courant a révélé le véritable visage de cette entreprise qui n’est, en réalité, qu’une liquidation mercantile. L’objectif est désormais limpide : vendre le sigle REAGIR au plus offrant pour des dividendes personnels. Cette tentative de fusion et de confusion forcées avec l’UDB est une aberration juridique. Si M. Ndong Obiang souhaitait changer de bord politique, il aurait pu le faire avec la noblesse des Hommes de conviction. Il a préféré la bouffonnerie de la fuite en avant, laissant derrière lui un champ de ruines financier, juridique et moral. On ne construit pas une alliance sur les décombres d’une trahison.
III- La jurisprudence de la vérité
Le droit contre l’alchimie politique
La politique ne pardonne pas l’absence d’épaisseur. Si l’on peut changer de camp, on ne peut s’inventer une légitimité. Par l’arrêt du 6 septembre 2025, la Cour Constitutionnelle a déjà acté leur mort civile et politique au sein de REAGIR en invalidant leurs candidatures. Comment des individus, disqualifiés par la plus haute juridiction de l’État, peuvent-ils prétendre marchander un bien qui ne leur a jamais appartenu ? C’est une insulte à l’intelligence de leurs nouveaux partenaires. Précisément, les acquéreurs de cette boutique vide doivent être alertés de la nullité de cette fusion, car conformément à la lettre et à l’esprit de la décision de la Cour Constitutionnelle, tant que le litige pour bicéphalisme demeure pendant devant les juridictions, aucun acte officiel n’est juridiquement fondé et recevable. Tout au plus, que les « vendeurs » d’illusions adhèrent à l’UDB à titre personnel.
IV- Un péril pour la République
Au-delà de ces dérives individuelles, c’est la noblesse de la chose publique qui est souillée. Quand l’usurpation devient une méthode et le mensonge un programme, c’est le pacte de confiance entre le peuple et ses représentants qui se brise. Conclusion : On peut falsifier un cachet, mais on ne maquille pas l’histoire. On peut occuper un bâtiment, mais on ne loge pas la trahison dans le cœur des militants engagés. REAGIR n’est pas un fonds de commerce. REAGIR ne sera jamais l’instrument de marchandage de quelques opportunistes en quête de survie. Notre parti demeure une sentinelle au service du peuple gabonais, inébranlable face aux imposteurs.



