Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre.
Il y a des opposants qui tirent au bazooka. Et puis il y a Alain-Claude Bilie-By-Nze, l’ancien Premier ministre recyclé en prophète de la rigueur comptable, qui balance sur le rapport 2024 de la Cour des comptes comme s’il découvrait pour la première fois que l’État gabonais n’est pas géré comme une caisse d’épargne mais comme un tiroir-caisse de bar PMU.
Sa conclusion ?
Le gouvernement de transition serait coupable de « manipulation », de « trucage » et de « mensonge d’État ». C’est beau. C’est fort. C’est… étonnamment amnésique. Le pyromane qui appelle les pompiers après avoir quitté la maison. Bilie-By-Nze dénonce un excédent budgétaire « fantôme », lequel devient déficit dès qu’on comptabilise les dettes cachées.
Ah, les dettes cachées… Cette vieille tradition républicaine qui, curieusement, existait déjà quand il dirigeait la boutique. À l’époque, les comptes publics avaient tellement de « restes à payer » qu’on aurait cru la note d’un client qui sort du restaurant sans régler.
Sauf que le client… c’était l’État. 158 milliards d’écart : le mystère du magicien ou le syndrome des chiffres voyageurs ? Le principal opposant hurle au maquillage en découvrant un écart de 158 milliards entre deux documents officiels censés raconter la même histoire. C’est vrai que c’est louche.
C’est même très louche. Mais les mauvaises langues, celles qui ont travaillé au Budget sous son règne rappellent que les chiffres avaient déjà une certaine mobilité à l’époque : ils étaient comme les taxis de Libreville, ils n’arrivaient jamais au même endroit, même en partant du même point. Dépenses illégales : étonnant, il a retrouvé le Code des finances publiques ! L’ancien PM se scandalise : primes à +360 %, dettes à +146 %, Défense à +242 % et même un programme militaire qui explose à 7 192 %.
Même les pourcentages de promotion au Black Friday n’osent pas monter si haut.
Mais là encore, certains observateurs se demandent si Bilie-By-Nze n’a pas lui-même oublié quelques « ajustements » effectués à l’époque dans certains ministères, où les dépassements étaient aussi subtils que le bruit d’un marteau-piqueur dans une salle de classe. Services publics, Bilie découvre que l’eau, l’électricité et les écoles, ça sert au peuple.
0 % d’exécution budgétaire pour l’eau.0 % pour l’électricité. 0 % pour Internet. 32,8 % pour les écoles. L’ancien Premier ministre crie au scandale. Comme si les robinets du pays avaient cessé de couler pile le jour où il a quitté son bureau de PM. Comme si l’électricité avait décidé d’attendre sa démission avant de s’effondrer. Le plus ironique, c’est qu’il affirme désormais que les Gabonais « manquent d’eau, d’électricité et de soins ». Il le dit avec la passion d’un homme qui aurait découvert ces problèmes hier, entre le café et le croissant. Leçon de morale budgétaire : quand l’ancien chauffeur critique le nouveau conducteur, mais oublie qu’il a laissé la voiture sans freins
Bilie-By-Nze accuse le gouvernement de maquiller les comptes
Peut-être bien. Probablement même. Mais de là à se draper en Vestale de la transparence…Disons que ça rappelle un pyromane qui donne une conférence de presse sur la prévention des incendies. Il martèle : « Un État qui truque ses chiffres prépare l’effondrement. » Phrase magnifique.
Mais elle sonne un peu comme si un ancien chef de chantier, après avoir construit un immeuble bancal, revenait une année plus tard pour dénoncer… que le bâtiment penche. Morale : dans le grand cirque des comptes publics, chacun porte son nez rouge Au final, Bilie-By-Nze tire sur le gouvernement. Le gouvernement tire sur l’opposition. La Cour des comptes soupire. Et le peuple continue de patauger entre coupures de courant, manque d’eau et budgets qui disparaissent plus vite qu’un billet de loterie gagnant. Chacun accuse l’autre de truquer les chiffres. Mais une seule certitude demeure : dans ce pays, les comptes publics ont toujours été maquillés avec plus de soin que les miss du concours national.
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